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Claudia MuleyaClaudia Muleya14 septembre 201711min00

Son mandat en RDC a pris fin ce 14 septembre 2017. Son analyse de la situation politique du pays livrée à KINSHASATIMES.CD à deux mois de la fin de son mandat n’a pas beaucoup varié au regard des faits sur le terrain. Retrouvez ci-dessous l’interview accordée par Graham Zebedee, ambassadeur britannique en RDC qui passe en revue les relations entre Kinshasa-Londres, l’accord du 31 décembre ainsi que la crise dans l’espace Kasaï.

Vous arrivez à la fin de votre mandat en République démocratique du Congo en tant qu’ambassadeur du Royaume-Uni, quels ont été les temps forts de votre mandat ?

Je peux citer surtout les voyages que j’ai faits dans le pays en dehors de Kinshasa. Quand j’ai vu les résultats de notre programme de coopération, par exemple les centres de santé au Kasaï ou à l’Est ; la coopération que nous avons avec les FARDC (Forces armées de la RDC, ndlr)  à Goma. Mais aussi la beauté naturelle du pays, on ne peut qu’être frappé par cela.

Comment décrivez-vous les relations entre Kinshasa et Londres alors que votre pays a appuyé les sanctions de l’Union Européenne contre certaines autorités de la RDC ?

Nous sommes membres de l’Union européenne et nous allons le rester jusque mars 2019 et nous faisons partie de tous les consensus européens y compris ces mesures là. Mais il y a beaucoup plus à nos relations que ces mesures là. Il y a le programme de coopération bilatérale qui est d’environ 250 millions de dollars chaque année, notre contribution à des organisations multilatérale  et beaucoup plus encore. Donc c’est un point important de nos relations. Le Royaume-Uni et le RD Congo ont le type de relations qui permettent  à nos pays de parler de manière plus franche en privée l’un avec l’autre. On se passe des messages sur toutes les questions, même les plus sensibles dans tous les deux sens.

L’accord du 31  décembre a été applaudit par le corps diplomatique présent à Kinshasa. Quel bilan faits vous de son application sept mois après sa signature ?

La communauté internationale est un peu déçue de la manière dont cet accord est appliqué. Ce n’est un secret pour personne. On a vu les nominations d’un premier ministre et d’un président du CNSA (Conseil National de Suivi de l’Accord, Ndlr) qui n’étaient pas faites de manière consensuelle comme prévoit l’accord. On parle de mesures de décrispations dans l’accord, certains sont appliquées d’autres non. L’accord prévoit les élections présidentielles, législatives et provinciales avant la fin de cette année 2017 mais selon le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), ce ne sera pas le cas. C’est un peu difficile de faire un bilan positif de l’application de cet accord.

Pour suivre l’interview en vidéo cliquez ci-dessous:

Quelles sont selon vous les implications du report de ces scrutins prévus initialement en 2017 ?

Il y aura plus de frustrations pour les congolais. Tous les congolais avec qui je parle veulent voter dès que possible dans des élections paisibles. Ils étaient déjà frustrés pour ne pas avoir voté en 2016 comme prévu par la constitution. Ils comprennent bien sûr qu’il y a certaines contraintes mais ils se demandent pourquoi l’organisation des élections était possible en 2006 et 2011 mais devient  difficile maintenant. C’est une frustration qui peut mener à des conséquences graves si la population n’est pas contente.

Vous êtes donc sceptique quant à l’aboutissement du processus électoral en cours…

Ce ne sont pas les partenaires étrangers de la RD Congo qui organisent les élections. Si le président de la Ceni le dit donc c’est quelque chose d’important. Je n’ai pas eu l’occasion jusque-là de lui demander pour quelle raison il le pense.  La communauté internationale a déjà contribué à hauteur  de 150 millions de dollars américains dans le présent processus électoral, l’appui logistique de la Monusco (Mission permanente de l’ONU en RD Congo) notamment et l’aide à l’éducation civique fournie par plusieurs pays y compris le mien. Nous espérons que les élections seront organisées dès que possible.

Global Witness une ONG britannique a fait des révélations sur les capitaux du secteur minier qui échappent au trésor congolais. Certains analystes pensent que plusieurs compagnies minières sont constituées dans îles britanniques. Que fait votre pays face à cette situation?

Je n’ai pas lu ce rapport en détail. Mais je crois qu’il dit plutôt que ces sociétés ne payent pas les impôts ici. Alors que même si on  est enregistré dans un autre pays, une île ou n’importe où, il faut payer les impôts congolais.  Ce n’est pas le cas c’est pour cela que les régies financières congolaises un fossé. Mais  le problème est que même quand les impôts sont payés, ils doivent atterrir effectivement dans le budget de l’Etat, ce qui n’est pas toujours le cas.

On compte aujourd’hui plus de 80 fosses communes avec la crise dans le Grand Kasaï et plusieurs déplacés. Mais la communauté internationale ne s’active pas suffisamment pour faire la lumière sur les auteurs de ces  massacres…

L’organisation responsable dans la résolution de cette crise c’est le gouvernement congolais. La communauté internationale apporte son soutien dans la mesure du possible et cette dernière ne croise pas les bras. Non. Aujourd’hui la Monusco est beaucoup plus présente dans les Kasaï qu’avant. Les agences des organisations qui fournissent de l’aide humanitaire sont également là. La communauté internationale finance cette aide humanitaire. J’étais à Kananga dernièrement et j’ai annoncé 6 millions de dollars de plus d’aide humanitaire britannique pour les déplacés internes. Mon gouvernement fourni également de l’aide à la santé primaire à plusieurs congolais dans le Kasaï. Bien évidemment on peut se poser la question si tout cela va résoudre le problème, non. Seul le gouvernement peut faire cela. Mais est-ce que la contribution de la communauté internationale est significative, oui.

 L’aide du Royaume-Uni pour la RDC est chiffrée à 500 millions de dollars américain chaque année, pour quels résultats atteints à ce jour ?

Oui c’est environ 250 millions de coopération bilatérale et 250 de contribution dans d’autres institutions comme la Monusco, la Banque mondiale… 9 millions de congolais reçoivent des soins grâce à notre programme de santé. On peut aussi parler de nos programmes d’accès à l’eau potable, d’assainissement et hygiène dont bénéficient 4 millions de congolais. Les chiffres ne sont pas petits. Cela implique que nous sommes le bailleur numéro deux après les Etats-Unis pour ce qui est de l’aide au développement.

Votre pays finance également la bourse «Chevening» destinée aux congolais qui souhaitent aller poursuivre leurs études au Royaume-Uni…

Oui c’est une bourse globale qui va à plusieurs pays y compris la République démocratique du Congo. A ce jour 44 congolais ont déjà bénéficié de cette bourse. Pour en bénéficier il faut entre autres parler anglais jusqu’à un certain niveau et avoir un diplôme de licence. Elle offre à tout le monde une opportunité de faire un master dans n’importe quelle université en Grande Bretagne. Le gouvernement paye les frais d’études, le coût de vie, le vol, le visa et autres pendant un an.

Vous  arrivé à la fin de votre mandant en RDC dans quelques semaines. Avez-vous un message particulier à adresser aux congolais ?

Qui fait quoi ici en RDC? Souvent je rencontre des gens qui me disent «c’est vous internationaux qui devraient sauver le Congo ». Moi je dis que cela est irréaliste. Nous faisons ce que nous pouvons mais le destin du Congo est entre les mains des congolais.

 


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EditorialEditorial24 août 20177min00

La toute récente élection du successeur de Mgr Marini Bodho ne se serait pas passée de manière orthodoxe. En témoignent deux correspondances coupe-gorges adressées au ministre d’Etat en charge de la Justice, au lendemain du scrutin ayant porté le pasteur Bokundoa à la tête de l’Eglise du Christ au Congo. Révélations.

De mauvais esprits se seraient-ils introduits par effraction dans le saint des saints de l’ECC le jour du scrutin ? La tentation de répondre à cette interrogation par l’affirmative est grande. Car, des sources croisées font état de la présence de deux lettres sur la table du ministre d’Etat, ministre de la Justice et Garde des sceaux. L’une et l’autre correspondance portent sur les irrégularités ayant entaché l’élection du Président de l’ECC. En l’occurrence, la 45ème CEP comme la CCCA dénoncent, chacune de leur côté, la participation des personnes sans qualité au scrutin ayant sanctionné l’avènement du pasteur André Bokundoa à la tête de l’ECC.

Si ces accusations s’avéreraient fondées, l’élection du nouveau patron des églises protestantes et réformées s’en trouverait invalidée. Ce n’est pas tout.
Une autre source fait état de l’absence , lors de l’élection, d’un délégué du ministère de la Justice. Au cas où cette observation serait vraie, cela énerverait les dispositions légales en vigueur concernant les ASBL confessionnelles. Comme quoi, les débuts de l’ère Bokundoa ne s’annoncent pas sous des meilleurs auspices. Aux sociétaires de l’ECC de lier cette « tentation du diable » et de la jeter dans des lieux arides.


Pour rappel, le samedi 19 août 2017, le synode électif national de l’ECC a organisé l’élection. Il était question de voter pour élire le successeur à Monseigneur Marini Bodho. Face à Monseigneur Milenge Mwenelweta, avec ses 57 % des voix, le pasteur André Bokundoa-Bo-Likabe a été élu donc pour présider aux destinées de l’Eglise du Christ au Congo.

3ème président de l’ECC, André Bokundoa assumait jusqu’à son élection, la fonction de secrétaire général et représentant légal à la Communauté Baptiste du Fleuve Congo (CBFC).

Professeur des universités, le nouveau président de l’ECC est appelé à diriger la plus grande église unie du monde, avant l’Eglise évangélique d’Allemagne (EKD). Cette union comprend 62 communautés des réformées protestantes et évangéliques. 
On y trouve des églises luthériennes, des réformées anglicanes, mennonites, presbytériennes, méthodistes, baptistes et pentecôtistes… Non seulement ces communautés ont chacune leurs statuts et leurs rites, certaines pratiques les divisent … La plus grande difficulté cependant, c’est de continuer à gérer certains regroupements qui prennent de plus en plus l’option de quitter la grande ECC. Comme l’a fait l’Armée du salut. Et, ces deux lettres des deux communautés différentes, la 45ème CEP et la CCCA, soulignent le malaise qui couve dans la communauté protestante.

LE PASSE D’UN PASTEUR
Originaire de la Province de la Mongala, le pasteur André Bokundoa-Bo-Likabe a fait ses études secondaires en option biologie chimie de la section scientifique. Il a embrassé les études universitaires en théologie à Kinshasa à l’Université protestante au Congo (UPC). Sa licence, il l’obtient avec la mention distinction.
Il poursuit sa formation en théologie à l’Ecole biblique et archéologique de Jérusalem (Israël). C’est après qu’il est allé à l’Université de Sheffield en Grande Bretagne où il a été reçu docteur en théologie avec comme spécialité la théologie de l’Ancien testament.
Depuis 2014, il est professeur ordinaire à la faculté de théologie de l’UPC et chef de département de l’Ancien Testament à la Faculté de Théologie à l’UPC.
Marié et père de six enfants, le pasteur Bokundoa appartient à la Communauté Baptiste du Fleuve Congo CBFC). Sa consécration à la vie pastorale au sein de l’Eglise du Christ au Congo (ECC) date du 23 décembre 1990 à Kinshasa. Pasteur titulaire de l’Eglise locale de la CBFC de la commune de la Gombe à Kinshasa. Il le sera jusqu’à son élection à la tête de l’ECC.
En 2005, il est nommé président continental de la Fraternité baptiste de toute l’Afrique (FBTA), une organisation regroupant des commissions spécialisées telles que commissions Doctrines et héritages Baptistes, commissions Formation théologique et commission éthique chrétienne.
A son actif, plusieurs réalisations dont l’assistance aux victimes des inondations à Kinshasa et à Kisantu (Kongo-central) ainsi que l’assistance aux victimes des tempêtes à Yumbi dans l’ex Bandundu.
Troisième président après le pasteur Jean Bokeleale et Monseigneur Marini Bodo, André Bokundoa-Bo-Likabe ouvre une nouvelle ère dans l’église réformée, protestante et évangélique.

KT/FDA


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La RédactionLa Rédaction14 août 20174min00

Lors de son passage sur le plateau de la chaîne francophone TV5 Monde ce dimanche 13 août, le guitariste et chanteur congolais Olivier Tshimanga s’est montré ferme  face à l’actuel pouvoir de Kinshasa. 

Auteur d’une chanson polémique sortie récemment, «To lembi» que l’on peut traduire en français par «On en a marre!» où il critique avec véhémence l’actuel homme fort de Kinshasa, arrivé fin mandat en décembre 2016, dans un style parlé sur fond musical à la Luambo Makiadi, Olivier Tshimanga  estime que la République démocratique du Congo regorge bien de personnes à même de tenir les rênes de ce pays continent.

«Je pense que si ce régime partait il y aura apaisement et À ce moment là, les congolais, vrais fils dignes de ce pays pourront se mettre en place pour choisIr la meilleure personne. La RD Congo c’est plus de 80 millions d’habitants pensez-vous qu’il n’y a pas quelqu’un capable de diriger ce pays?», s’est interrogé celui qui se réclame fils de Papa Wemba

Assumant sa nouvelle casquette de “militant”, l’instrumentiste n’est pas allé par quatre chemin pour qualifier Joseph Kabila, l’actuel dirigeant de la RDC d’être le point de blocage dans le processus en cours. «Notre seul obstacle c’est le président actuel. Il faut qu’il quitte le  pouvoir». 

Olivier Tshimanga qui promet l’arrivée de plusieurs autres chansons et appelle les congolais à se mettre debout, rejoint dans le rang des artistes engagés, ceux qui se sont prononcés ouvertement contre le régime de Kinshasa entre autres Boketshu Premier et Bogus Bompema.

«Avec ce titre j’ai fait ma part d’artiste de ce grand pays. Je suis apolitique mais quelque part  c’est notre responsabilité en tant qu’artiste parce que ce peuple qui souffre est le même qui soutient les artistes. Alors je trouve méchant qu’on puisse se taire au moment où le peuple a besoin des artistes pour parler à sa place. Je ne suis pas contre les opinions des autres mais moi je fais ma part de responsabilité», s’est justifié le chanteur qui affirme avoir reçu des menaces à la suite de sa chanson «Tolembi». 

Accusés de convoler avec le pouvoir de Kinshasa et de rester indifférents face à la misère des populations, les artistes congolais sont depuis une décennie interdis de prester dans les capitales européennes à la suite du phénomène dit “Combattant”. Les congolais de diaspora réunis autour de ces mouvements très hostile du rapprochement entre musiciens et politiques congolais se sont illustrés récemment à travers leurs actions qui ont conduit à l’annulation du concert de l’ex sociétaire du Wenge musica maison mère Héritier Watanabe à l’Olympia de Paris.


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Patrick MbalaPatrick Mbala12 août 20178min00

A l’occasion de la journée internationale de la jeunesse célébrée chaque 12 août, le conseiller  en charge de la jeunesse au collège socioculturel de la présidence de la République démocratique du Congo, Armand Yav a accordé une interview exclusive à KINSHASATIMES.CD où il a évoqué la situation de la jeunesse du continent noir, les défis à relever et ses opportunités qui se présentent devant elle.

Quelle lecture faites-vous de la situation de la jeunesse africaine en général et congolaise en particulier? 

En tant que jeune africain la lecture que je fais aujourd’hui est positive parce que de plus en plus les jeunes africains aspirent à la gestion de la chose publique, ils veulent être créateurs d’emplois. Les jeunes aujourd’hui occupent tous les terrains que ce soit l’économie, la culture, la politique… Si nous nous projetons dans 50 ans l’Afrique sera développée grâce au travail que la jeunesse est entrain d’abattre aujourd’hui. On a toutes les raisons de croire en cette jeunesse africaine, et congolaise en particulier.

Le chômage est l’un des maux qui gangrènent cette jeunesse depuis bien de temps. Quelle devrait être son attitude face à cette réalité? 

Effectivement les jeunes se plaignent du sous-emploi ou carrément du manque d’emploi. Nous sommes à une époque où ils devraient être créateurs plutôt que demandeurs d’emplois. Aujourd’hui à l’ère du numérique, de l’entrepreneuriat, les jeunes doivent être en mesure d’écrire des projets, solliciter des crédits et par la suite créer de la richesse. Avec la mondialisation on doit pousser les jeunes vers cela, mettre en place des incubateurs, des accélérateurs qui leur permettront d’être performants dans la réalisation de leurs projets.

Mais il faut une base pour arriver à cela et les crédits bancaires ne sont pas toujours accessibles…

Le gouvernement a la responsabilité de créer des partenariats avec les banques pour pouvoir mettre à la disposition des jeunes des capitaux nécessaires au démarrage des projets: TPME, PME ou PMI. C’est vrai que le financement reste un problème aujourd’hui. Nous sommes tous porteurs des bons projets mais aucune banque ne nous prend au sérieux parce qu’on a pas de capital-confiance. Il faut que la création d’un fonds social de l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes puisse voir le jour pour que les jeunes puisse être éligibles pour avoir accès au crédit.

Vous êtes conseiller socioculturel à la présidence  en charge de la jeunesse. Quelle a été la politique du Chef de l’Etat ces dernières années sur des questions les concernant?

Le Président de la République est dans une logique de renouvellement de la classe politique, et de la gestion de la chose publique et c’est ainsi que nous assistons depuis près de dix ans maintenant à l’accession de plus en plus des jeunes  à des postes de responsabilité tantôt comme ministres ou mandataires des grandes entreprises. Le souhait du Chef de l’État c’est de mettre des nouvelles énergies dans la gestion de l’État pour pouvoir donner une nouvelle impulsion et changer les choses.

Il est à remarquer aujourd’hui que les jeunes se réunissent de plus en plus au sein des mouvements citoyens. Comment jugez-vous l’apport de ces structures dans la jeunesse congolaise en général?

Nous avons tous remarqué cela. En principe les mouvements citoyens ont pour mission et vocation d’éveiller la conscience citoyenne de la jeunesse et poursuivre un combat noble qui doit être celui de la démocratie, de l’emploi de jeunes… Mais il est à constater de nos jours que la plupart de mouvements citoyens sont liés à des partis politiques x ou y. Cela dénature complètement ce combat de la jeunesse.  Il faudrait que le combat de ces mouvements ait pour finalité les intérêts des jeunes. Aujourd’hui le combat de la jeunesse c’est l’emploi, la paix et la stabilité etc.

Quelle doit être alors leur réaction face aux sollicitations des politiques ?

Ceux qui façonnent le microcosme politique aujourd’hui c’est les jeunes. Les politiques recourent à eux en les mettant au devant de la scène lors de manifestations non pas pour faire passer les préoccupations de la jeunesse de l’avant mais pour leurs intérêts. En tant que leader des jeunes nous nous devons de dénoncer cela, et conscientiser nos semblables pour dire que la jeunesse congolaise ne doit être utilisée comme marchepied pour des fins politiciennes. Le jeune doit aspirer à créer des emplois, à être dirigeant de haut niveau. Nous ne pouvons que l’encourager en ce sens.

L’Union panafricaine de la jeunesse est aujourd’hui présidée par une congolaise, Francine Muyumba, une victoire pour la jeunesse congolaise?

C’est une fierté que cette grande structure regroupant les jeunes de l’Afrique soit présidée par notre compatriote Francine Muyumba qui est au devant de la scène politique africaine, défendant les revendications de la jeunesse africaine partout dans le monde. On ne peut que être fier de cela et l’encourager dans sa démarche.

Quels sont aujourd’hui les défis à relever et les opportunités que peut saisir de la jeunesse congolaise ? 

Le premier défi de la jeunesse c’est celui de la compétence. Chaque fois qu’un jeune postule à un poste de travail ou de responsabilité politique on lui oppose d’abord le facteur compétence. Il se doit d’être exigent avec lui même pour être à la hauteur. La RD Congo offre beaucoup d’opportunités aux jeunes que ça soit en termes de création d’emplois ou d’opportunités d’affaires. Pour cela il nous faut mettre de bonnes structures en place pour l’encadrer cela et faciliter tous les jeunes à profiter des avantages qu’offre ce merveilleux pays qu’est la République démocratique du Congo.

 

 


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La RédactionLa Rédaction17 juillet 20176min00

Ils font partie de la diaspora congolaise et s’opposent, parfois violemment, à ce qui représente le pouvoir en place en RDC. Dernière action en date : une manifestation à Paris qui a aboutit à l’annulation du concert d’un chanteur congolais. Qui sont ces militants congolais ?

Nouveau coup de force du mouvement Résistant combattant congolais (RCK). Réunis à Paris, à quelques pas de la salle de concert de l’Olympia, des centaines d’opposants au président Kabila ont manifesté, samedi 15 juillet, pour l’annulation du concert d’Héritier Watanabe. Ce chanteur congolais est accusé d’être au service du pouvoir de Kinshasa.

“Ces musiciens congolais, qui normalement doivent arranger la population, doivent sensibiliser la population pour qu’elle se lève, qu’elle mette fin au régime dictatorial et sanguinaire en place chez nous, ces musiciens congolais sont devenus des chantres du pouvoir”, regrette Wilkens Alhongo, un manifestant belge. “Derrière ce concert, c’est la main-mise de Kabila”, assure de son côté Blandine Diafutua, secrétaire générale et porte-parole du RCK.

Après des heures de mobilisation, le concert a bel et bien été annulé par la Préfecture de police… sous les applaudissements des manifestants. Le 22 juin dernier, la préfecture avait déjà interdit le concert d’un autre artiste congolais Fally Ipupa à la Cigale, après des menaces similaires.

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Interdire les distractions
S’opposer aux concerts d’artistes congolais proches du pouvoir est une manière pour les combattants du RCK de dire “non” aux “distractions”. “Nos père, nos mères sont en train de se faire tuer et ces concerts sont là pour nous endormir!”, s’insurge Debora Nkulu, une opposante congolaise. “Nous sommes en deuil”, confirme Martin Sali, président du mouvement RCK.

La RDC est, en effet, en proie a des massacres depuis plusieurs semaines dans la région du Kasaï centrale. Ces violences impliquent des miliciens, des soldats et des policiers. Plus de 3 000 personnes seraient mortes et il y aurait plus d’1,3 millions de déplacés, d’après les chiffres de l’Eglise catholique. Des dizaines de fosses communes ont également été découvertes.

Selon ces opposants radicaux, Joseph Kabila, l’actuel président dont le mandat a officiellement pris fin le 20 décembre 2016, est responsable de ces violences qui secouent le pays.

Le mouvement des Résistants combattants Kongolais (RCK) combat d’ailleurs ce qu’il appelle “le régime dictatorial et illégitime de Kabila”. Mais pas seulement. Les militants s’opposent également aux “anti-valeurs” que sont la corruption, les arrestations arbitraires et réclament un État de droits. Ils se battent aussi contre les pays étrangers et les multinationales qui “pillent et détruisent” leur pays.

Des actions, parfois “musclées”
Pour mener à bien leur lutte, les combattants mènent des actions en Europe, et plus particulièrement en France. Manifestations, sit-ins, blocages… ils sont à l’origine de nombreuses initiatives.

Parmi les plus médiatiques : l’attaque au ketchup de l’ambassadeur de RDC à Paris en avril 2015. Un groupe de 5 personnes s’était introduit dans l’ambassade pour asperger l’ambassadeur de cette sauce rouge symbolisant le sang des victimes congolaises. A cette époque, une fosse commune de 400 corps avait été retrouvée près de Kinshasa. Les militants avaient filmé leur intervention avant de la poster sur internet.

Le RCK mène souvent des actions conjointes avec des collectifs du Congo-Brazzaville qui possèdent des revendications similaires et critiquent la “dictature”du président Denis Sassou N’guesso. Parmi les mouvements les plus connus, il y a le collectif Sauvons le Congo.

Ce mouvement est réputé pour ses actions “musclées”. Il est notamment à l’origine de l’attaque à la voiture bélier et aux coktails molotov de l’ambassade du Congo-Brazzaville à Paris en juin 2016. “Notre but est d’attirer l’attention de la communauté internationale”, explique Donald Emperator, coordinateur du mouvement.

Selon lui, la lutte contre les “dictateurs africains” passe essentiellement par l’action collective. “Nous sommes un même peuple, nous avons les mêmes problèmes. Nous y arriverons en agissant ensemble et non pas chacun de notre côté”, assure-t-il.

Avec TV5monde

 

 


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Patrick MbalaPatrick Mbala22 juin 20175min00

Les «quatre jours» d’épreuves de la 51 ème édition des examens d’Etat, épreuves marquant la fin d’études secondaires a pris fin ce jeudi 22 juin en République démocratique du Congo. Ce dernier jour a été particulière par rapport aux années antérieures connaissant  un affrontement militaire à Beni, à l’Est de la RDC et une présence remarquée des forces de l’ordre à Kinshasa.

Tôt, dans la matinée de ce jeudi, un groupe d’hommes armés non identifiés a attaqué la ville de Beni, perturbant le déroulement  des examens dans plusieurs écoles de la ville de Beni. L’Institut Bungulu, un centre accueillant les finalistes venus de plusieurs écoles de Beni a été la cible d’un tir à l’arme lourde, faisant quelques blessés parmi les candidats à ces épreuves.

La situation maitrisée vers la fin de la matinée par  l’armée régulière et les éléments de la Mission onusienne, a permis aux futurs lauréats de passer leur examen. Les élèves touchés par les éclats du tir à l’arme lourde ont regagné le centre après des premiers soins reçu aux centres où ils ont été acheminés.

Festivités interdites à Kinshasa

La capitale, Kinshasa habituée depuis quelques années à la fête des «bleu blanc» (couleurs d’uniforme des écoliers) à ce jour sanctionnant la fin d’un cursus, comme pour dire au revoir à l’école, l’aire n’était pas  propice aux folie. L’autorité provinciale de la police, le général Celestin Kanyama avait prévenu la veille de la fin des épreuves qu’aucune réjouissance publique des finalistes ne serait autorisé, ni tolérée.

Pour étouffer les réjouissances qui vont des concerts de klaxons (véhicules, motos) sur la voie publique, aux rejouissances dans les débits de boissons en plein journée, les éléments de la police nationale ont été déployé dans plusieurs coins de la capital pour décourager les gens qui «poseraient des actes barbares sur la voie publique».

Dura lex sed lex

Résignés et démotivés, quelques élèves rencontrés dans les rues de Kinshasa ont dit avoir annulé leur déplacement au concert d’une vedette de la rumba congolaise, sponsorisé par une entreprise de télécom, prévu “en leur honneur” dans la commune de Lingwala, au centre de Kinshasa, où des agents de la police étaient postés prêts à en découdre à qui ira à l’encontre de la loi. Dura lex, sed lex (la loi est dure mais reste la loi, NDLR).

Plusieurs finalistes se sont aussi précipités (comme d’habitude) dans les églises où des cultes ont été organisés afin que chacun se confie à Dieu selon son désir, qui est le plus souvent pour la circonstance, celui d’implorer la miséricorde de Dieu afin de décrocher cette palme, le diplôme d’Etat.

Loin de se rendre compte de ce qui s’est passé à dans la matinée à Beni pour plusieurs finalistes à Kinshasa, et vice-versa pour ceux de Beni, on peut dire que l’Exetat (Examen d’Etat, NDLR) 2017 n’a pas connu un «happy ending» pour les uns comme pour les autres mais aussi tous les finalistes de la RD Congo, par solidarité à ceux de Beni. 2018 est une autre année, et connaitra une fin en beauté, peut-être.

 


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Patrick MbalaPatrick Mbala15 juin 20175min00

Des anciens chefs d’États africains ont dans un message signé conjointement avec l’ancien Secrétaire général des Nations Unies le ghanéen Kofi Annan appelé le gouvernement congolais à donner la priorité à “l’intérêt général”, en mettant en œuvre toutes les ressources nécessaires à l’organisation des élections dans les délais prévu par l’Accord de la Saint Sylvestre à la commission électorale.

Ces hommes d’États reviennent dans cet appel au gouvernement sur  l’accord de la Saint Sylvestre dont la mise en oeuvre n’est pas respecté tant dans son esprit que sa lettre, et compromet de fait la possibilité d’une transition pacifique “vitale au développement de la RDC”. “L’avenir de la RDC est en grave danger, nous nous devons de sonner l’alarme avant qu’il ne soit trop tard”, insistent-ils.

“Des élections intègres représentent pourtant la seule issue pacifique possible pour résoudre la crise de légitimité dont souffrent aujourd’hui les institutions politiques congolaises. Le Gouvernement de la RDC et la communauté internationale doivent fournir toutes les ressources nécessaires à l’organisation des élections dans les délais prévu par l’Accord de la Saint Sylvestre à la commission électorale”, indique le message intitulé “Appel urgent en faveur d’une transition pacifique et démocratique en République démocratique du Congo”.

L’intégralité du message ci-dessous

Appel urgent en faveur d’une transition pacifique et démocratique en République démocratique du Congo

En tant que dirigeants africains attachés à la démocratie, nous sommes profondément consternés par la situation politique qui prévaut en République démocratique du Congo (RDC). Elle constitue une menace à la stabilité, à la prospérité et à la paix de toute la région des Grands Lacs, voire de l’Afrique dans son ensemble. Nous nous devons de sonner l’alarme avant qu’il ne soit trop tard.

La non-tenue des élections en 2016, conformément à la Constitution, a provoqué une crise politique aigue. L’accord entre le Gouvernement et l’opposition conclu à la Saint Sylvestre sous l’égide de la Conférence épiscopale nationale congolaise (Cenco) a permis d’éviter un désastre, mais sa mise en œuvre rencontre des difficultés croissantes qui mettent en péril le processus censé conduire à des élections pacifiques d’ici la fin de cette année.

Tant l’esprit que la lettre de l’accord ne sont pas respectés, minant la possibilité d’une transition non violente, vitale au développement de la RDC. Des élections intègres représentent pourtant la seule issue pacifique possible pour résoudre la crise de légitimité dont souffrent aujourd’hui les institutions politiques congolaises.

Le Gouvernement de la RDC et la communauté internationale doivent fournir toutes les ressources nécessaires à l’organisation des élections dans les délais prévu par l’Accord de la Saint Sylvestre à la commission électorale.

Nous appelons les leaders politiques de la RDC à donner la priorité à l’intérêt national. Le peuple congolais, déjà meurtri par des décennies de dictature, suivies d’années de guerre civile, aspire à la paix, au développement et au respect des droits de l’Homme, qui comprennent le droit à un gouvernement représentatif.

Si la crise actuelle frappe avant tout nos frères et sœurs congolais, elle aura des conséquences continentales si elle n’est pas traitée.

L’avenir de la RDC est en grave danger. Aussi appelons-nous les leaders congolais à redoubler leurs efforts de mise en œuvre de l’Accord de la Saint Sylvestre de bonne foi afin de restaurer la confiance entre les partis et assurer des élections libres, crédibles et pacifiques d’ici la fin de l’année.


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La RédactionLa Rédaction15 juin 201710min00

À la mi-mars, des hommes armés ont emmené Michael J. Sharp et Zaida Catalán à travers la savane dans la région du Kasaï, en République démocratique du Congo, leur ont enjoint de s’asseoir et les ont abattus. Une vidéo à basse résolution a capturé les exécutions. M. Sharp, un Américain, et Mme Catalán, une Suédoise, étaient des moniteurs de sanctions des Nations Unies, chargés de découvrir qui était responsable d’abus des droits humains et de soutenir des groupes armés en République démocratique du Congo.

António Guterres, le secrétaire général de l’ONU, a promis que son organisation ferait « tout ce qui est en son pouvoir pour s’assurer que justice soit rendue ». Mais plus de trois mois ont passé, et ses paroles commencent à sonner creux. Ni les Nations Unies, ni les gouvernements suédois ou américain ont fait assez pour faire la lumière sur qui a tué Mme Catalán et M. Sharp, qui a donné les ordres, et pour quelle raison. Les quatre Congolais qui les accompagnaient – leur interprète Betu Tshintela ; un chauffeur de moto, Isaac Kabuayi ; et deux chauffeurs de moto non identifiés – sont toujours portés disparus.

Les meurtres des enquêteurs des Nations Unies était exceptionnels à plusieurs niveaux. D’abord, le niveau personnel : tous deux étaient des individus jeunes et remarquables. M. Sharp n’était âgé que de 34 ans, mais il était le coordinateur du groupe hautement estimé et avait passé trois années à sillonner l’est de la RD Congo, persuadant des rebelles de déposer les armes. Mme Catalán, âgée de 36 ans, était une activiste des droits humains et de l’environnement passionnée qui avait été une responsable des jeunes du parti Vert de Suède et avait passé des années à œuvrer pour les droits humains et les réformes du secteur de la sécurité en Afghanistan, en Palestine, et dans l’est de la RD Congo.

Puis, il y avait la portée historique. Ils étaient les premiers enquêteurs de l’ONU chargés de surveiller des sanctions à avoir été tués dans l’exercice de leurs fonctions depuis que l’ONU imposa ses premières sanctions contre la Rhodésie du Sud (aujourd’hui le Zimbabwe) en 1966. Depuis lors, des centaines de moniteurs de sanctions ont été déployés pour rendre compte de situations aussi diverses que les Talibans afghans, le programme nucléaire irakien ou encore les rebelles en Sierra Leone.

Enfin, et tragiquement, leur mort est un rappel du peu d’attention accordée au massacre de centaines de Congolais dans la région du Kasaï depuis août dernier, ce sur quoi M. Sharp et Mme Catalán enquêtaient. Les observateurs des droits humains ont découvert au moins 42 fosses communes dans la région, dont la majorité seraient l’œuvre de l’armée congolaise. Au cours des dix derniers mois, environ 1,3 million de personnes ont été déplacées par la violence qui sévit dans la région – plus que partout ailleurs dans le monde au cours de la même période. Plus de 600 écoles ont été attaquées ou détruites, et plus de 1,5 million d’enfants sont affectés par les violences. Mais presque rien n’a été fait pour rendre justice aux victimes.

Plus l’ONU attend, plus l’enquête sera difficile, les éléments de preuve clés et les témoins pouvant disparaître. Des rapports circulent déjà faisant état de militaires creusant là où les fosses communes sont situées pour dissimuler les traces de leurs crimes.

Lors d’une réunion du Conseil des droits de l’homme en mars, le haut-commissaire aux droits de l’homme a appelé à une enquête sur la situation dans la région du Kasaï. Des pays européens ont convenu de la nécessité d’une telle enquête, mais ces efforts ont été entravés par le gouvernement congolais et plusieurs pays africains, qui ont affirmé qu’il fallait accorder une chance au système judiciaire congolais pour mener sa propre enquête sur les violences.

Plus de trois mois plus tard, le gouvernement congolais a échoué à produire une enquête crédible, et le bureau des Nations Unies aux droits de l’homme en RD Congo n’a pas bénéficié de l’accès ou de la coopération nécessaires pour apporter un soutien significatif. Le haut-commissaire a réitéré son appel à une enquête internationale la semaine passée, et les membres du Conseil ont une nouvelle occasion pour établir une enquête pendant la session en cours.

Quant à M. Sharp et Mme Catalán, le secrétaire général a mis en place une commission d’enquête (board of inquiry), mais celle-ci cherche principalement à savoir si les protocoles de sécurité de l’ONU étaient appropriés et suivis. Elle n’a ni le mandat ni les moyens pour mener des enquêtes sur qui était responsable des meurtres. Les États-Unis et la Suède ont lancé leurs propres enquêtes, mais elles devraient très probablement dépendre de la coopération du gouvernement congolais pour interroger des témoins, obtenir des relevés téléphoniques et se rendre sur la scène du crime.

Davantage doit être fait

Le président Joseph Kabila, qui était censé quitter ses fonctions l’année passée à la fin de son deuxième mandat, a manifesté peu de volonté pour traduire les personnes responsables des massacres des Congolais ou des meurtres des enquêteurs des Nations Unies en justice. Des membres des forces de sécurité sont directement impliqués dans les violences, et le gouvernement congolais est connu pour son ingérence à de nombreuses reprises par le passé dans des affaires judiciaires sensibles.

L’impulsion pour la justice devra venir de l’extérieur. Des enquêtes spéciales des Nations Unies sur les meurtres de M. Sharp et Mme Catalán, ainsi que sur la violence plus large dans les Kasaïs, pourraient se rendre sur le terrain, rassembler des preuves et identifier des suspects. Des rapports publics avec des conclusions constitueraient une base pour faire pression pour que toutes les personnes responsables des massacres et d’autres abus, quel que soit leur grade ou le poste qu’elles occupent, soient traduites en justice. Des enquêtes judiciaires aux États-Unis et en Suède ou par la Cour pénale internationale pourraient à terme conduire à des arrestations et à des poursuites.

Il est important de garder à l’esprit que dans le cas de la RD Congo, rien ne peut excuser l’inaction internationale. Il ne s’agit pas de la Syrie, où le soutien russe au gouvernement et la menace de l’État islamique ont créé une impasse géopolitique. La RD Congo n’a que peu d’alliés engagés et puissants. Par ailleurs, son budget est soutenu en grande partie par ces mêmes gouvernements occidentaux qui demandent que justice soit faite, et son armée est appuyée dans l’est par la plus grande force de maintien de la paix onusienne au monde. Ces paradoxes mettent en évidence une vérité cruciale et désagréable : en RD Congo, les plus grandes pierres d’achoppement sont parfois l’indifférence et le manque de volonté politique. Nous pouvons découvrir qui a tué M. Sharp et Mme Catalán, tout comme nous pouvons rendre justice pour les centaines de Congolais qui ont perdu la vie dans les Kasaïs. Nous devons juste y attacher suffisamment d’importance.

Ida Sawyer est directrice pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch. Jason Stearns est le directeur du Groupe d’étude sur le Congo, basé à l’Université de New York, et un ancien coordinateur du Groupe d’experts des Nations Unies sur la RD Congo.

Ida Sawyer et Jason Stearns via KINSHASATIMES.CD


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Claudia MuleyaClaudia Muleya6 juin 20172min00

À travers la République Démocratique du Congo, des dizaines de membres de l’opposition et d’activistes sont détenus pour avoir participé à des manifestations pacifiques, s’être opposés au report des élections, ou avoir critiqué des politiques du gouvernement. Beaucoup sont détenus au secret sans inculpation ni accès à leur famille ou à des avocats. D’autres sont jugés sur base d’accusations forgées de toutes pièces. Beaucoup souffrent de passages à tabac réguliers et de conditions de vie épouvantables, qui passent largement inaperçus dans le monde extérieur.

Dans une nouvelle série, Human Rights Watch s’entretient avec des détenus, et interroge des membres de familles au sujet de leurs proches derrière les barreaux, nous montrant la tragédie personnelle des arrestations et détentions arbitraires et leur énorme impact sur les familles et les amis.

Sephora Astride Bidwaya, âgée de 25 ans, est une activiste politique qui est en prison à Goma, ville dans l’est du pays, depuis plus de cinq mois. Graduée en droit de l’Université de Goma, Sephora s’est engagée en politique à l’âge de 18 ans, quand elle a rejoint l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), parti d’opposition, avant de devenir vice-présidente des jeunes de ce parti à Goma, chargée de la culture et du genre.

Les forces de sécurité l’ont arrêtée le 19 décembre 2016, avec 11 autres membres de partis de l’opposition, lors d’une manifestation pacifique contre la décision du Président Joseph Kabila de rester au pouvoir au-delà de son deuxième et dernier mandat autorisé par la constitution, qui prenait fin ce jour-là.


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Patrick MbalaPatrick Mbala26 mai 20175min00

«Bientôt on aura un communiqué commun qui va réunir les gens du gouvernement, ceux de la famille et l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Vous saurez tout ». C’est par ces mots du frère cadet d’Etienne Tshisekedi , Monseigneur Gérard Mulumba à la presse en début de semaine que sont apparus les signes d’un désamorçage de la querelle au sujet de l’inhumation de feu l’opposant congolais (E. Tshisekedi) qui oppose son parti et l’Etat congolais depuis plusieurs mois.

La famille biologique du Sphinx de Limete et son parti ont repris les pourparlers avec les exécutifs central ainsi que provincial en vue de balayer les divergences persistantes sur la question de l’organisation des obsèques de celui qui aura été à trois reprises Premier ministre de la République démocratique du Congo, alors Zaïre à l’époque (sous Mobutu).

Même les plus méfiants à l’égard du gouvernement au sein de l’Udps reconnaissent le déroulement serein des discussions reprises par les parties.

«Je vous promets qu’un arrangement sera trouvé. Un compromis sera dégagé d’ici là et que la date d’enterrement sera connue de tous», a même affirmé Peter Kazadi cadre de l’Udps.

Tshibala l’homme de la situation ?

Si pendant des mois l’Udps a rejeté catégoriquement les propositions du gouvernement Badibanga sur ces funérailles, charge reprise d’ailleurs pleinement par l’Hôtel de ville de Kinshasa, la promesse ex cathedra du nouveau premier ministre, Bruno Tshibala d’enterrer avec les honneurs dignes de son rang de celui aux côté de qui il a traversé des décennies de lutte à l’opposition a eu tant soit peu de l’effet chez ceux qui ont même contesté sa nomination.

Même poignard, différents styles

A voir de prêt, on pourrait dire que la [trahison] dont on a reproché à Samy Badibanga [par les partisans de l’Udps] en son temps pour avoir pactisé avec le pouvoir, allant à l’encontre de la démarche de son mentor, de son vivant, au soir de sa lutte politique a des similitudes avec celle que l’on reproche à Tshibala, mais avec une bonne dose d’embrouillamini qui peut-être joue en sa faveur.

L’actuel Premier ministre, auto-exclu (ou viré) de l’Udps après la restructuration controversée du Rassemblement de l’opposition (plate-forme créée à Genval en 2016) a bénéficié de ce qu’on peut voir comme une «présomption d’innocence» au vu de la légitimité de sa protestation contre ce que le Rassemblement Kasa-Vubu a qualifié d’hégémonie du G7, favorisé par la lassitude du deuil interminable d’un homme porté de son vivant par une bonne frange de la population congolaise.

D’autre part c’est aussi la fidélité de l’actuel occupant de la primature au Sphinx de Limete, mais surtout son «prétendu» rejet de l’offre des clés de la primature lui faite par le pouvoir lors de son séjour carcéral dans la prison de Makala, fin 2016, du vivant du mentor qu’il a en commun avec Samy Badibanga… Toutes ces circonstances lui ont conduit des marches du palais de la Nation pour des consultations, aux bureaux de la primature sis avenue Roi Baudouin.

Les divergences qui semblaient s’éterniser pourront dans les prochains jours connaitre un épilogue pour qu’enfin sois remis sous terre le défunt président de l’Udps décédé à Bruxelles le 1 février dernier. Le temps de l’opposition est passé. Le temps de la contestation, la protestation est passé. Place à la raison. Les Tshisekedi, l’Udps et le Gouvernement parlent. Il faut enterrer le Vaillant Soldat Tshitshi.