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La RédactionLa Rédaction15 mai 20177min0

« Ils étaient très jeunes, sales, affamés, croulant sous le poids de leurs armes; sans réfléchir, nous leur avons offert boissons et nourriture », se souvient Chantal Kikalulu. Ce 17 mai 1997, fatiguée par trop de dictature, Kinshasa s’offre sans combat aux forces de Laurent-Désiré Kabila.

Partis de l’Est en octobre 1996, soutenus et armés par le Rwanda et l’Ouganda, Laurent-Désiré Kabila et son Alliance des Forces démocratiques de libération du Congo (AFDL) vont se rendre maîtres en moins de sept mois de ce qui s’appelait alors le Zaïre, immense pays usé par près de 32 ans de règne du maréchal Mobutu.
Kabila bénéficie d’un contexte régional et international particulièrement favorable. En plus du Rwanda et de l’Ouganda, il est soutenu par une coalition – incluant aussi l’Angola et le Burundi – bien décidée à chasser Mobutu au moment où celui-ci est lâché par les Occidentaux qui l’avaient soutenu depuis sa prise du pouvoir en 1965, jusqu’à l’éclatement de l’Union soviétique.
« Dès l’aube du 17 mai 1997, des Kinois enthousiastes accouraient vers nous avec du pain, des sachets d’eau, voire des seaux d’eau pour nous laver », se rappelle Cédric Kabeya, alias Zimbabwe, fantassin ayant participé à cette épopée l’année de ses 16 ans.
Pendant la conquête, les troupes de l’AFDL, qui avait recruté à tour des bras des enfants et des adolescents, semblent avoir été précédées d’une réputation de discipline contrastant avec les Forces armées zaïroises (FAZ).

« Nous nous accrochions plus avec des mercenaires blancs qu’avec des militaires ex-FAZ », raconte Zimbabwe, devenu électricien après sa démobilisation, en 1999.
« La majorité des villes tombaient entre nos mains sans résistance de la part des hommes de Mobutu démoralisés et vomis par la population », se rappelle le général-major Jean-Claude Kifwa, aujourd’hui commandant de la deuxième zone de défense.

La population collaborait d’autant plus facilement qu’elle en avait « marre de se faire humilier, piller et gratuitement tuer par les ex-FAZ indisciplinés », dit cet ancien commandant de la garde rapprochée de Laurent-Désiré Kabila. Au plus haut niveau des FAZ aussi on en avait assez du mobutisme, ajoute-t-il, et la rébellion disposait d' »informations stratégiques » qui lui parvenaient du sein même de l’état-major.

– Libérateurs –

Selon un ancien officier supérieur des FAZ, les derniers « véritables accrochages avec l’ennemi » ont eu lieu à Kenge, à plus de 200 km à l’est de Kinshasa. Cette ville tombée, « la défense de Kinshasa n’avait plus de raison d’être, sauf à vouloir un bain de sang » dans une mégapole, qui compte déjà plusieurs millions d’habitants.

Le 16 mai, l’AFDL est aux portes de Kinshasa. Mobutu fuit vers son repaire de Gbadolite, à la frontière avec la Centrafrique. Le général Donatien Mahele Lieko, chef d’état-major, décide de livrer la ville sans combattre. Il est assassiné dans la nuit par des hommes de la Division spéciale présidentielle (DSP), le dernier carré des fidèles du « Léopard ».

Mais l’Histoire est déjà écrite. Le 17, les troupes de l’AFDL et de nombreux militaires rwandais entrent dans Kinshasa. La population en liesse les accueille aux cris de « Libérateurs ! » et « Kabila nous t’attendons ! » Le « Mzee » est alors à Lubumbashi, dans le Sud-Est, où il se proclame président de la République démocratique du Congo. Il arrivera le 20.

La mise au pas de l’opposition, la présence encombrante des soldats ougandais et rwandais et la dérive rapide du pouvoir vers l’autoritarisme font vite oublier aux Kinois leur enthousiasme.

– ‘Désillusion totale’ –

« C’était la désillusion la plus totale », regrette Adolphe Muzito, ancien Premier ministre de Kabila fils, « le peuple s’est vite rendu compte que Laurent-Désiré Kabila avait était porté au pouvoir par des chars rwandais et qu’il était temps de le libérer de [ces] étrangers dont le rôle prépondérant apparaissait clairement ».

« Ceux qui nous avaient accueillis comme des princes sont subitement devenus hostiles, nous taxant de Rwandais« , témoigne Zimbabwe.

« [On nous a accusé] de nous comporter comme dans un pays conquis », raconte Armel Matabaro, ex-kadogo sans-emploi, comprenant le changement d’attitude de la population : « Nos commandants rwandais ont commencé à piller les biens des [mobutistes], ils maltraitaient de paisibles passants sans raison valable exactement comme les militaires de Mobutu ».

Fin juillet 1998, Kabila renvoie les militaires rwandais et ougandais. Quelques jours plus tard, le Rwanda envahit la RDC. La deuxième guerre du Congo vient de commencer. Elle durera cinq ans. Au total, des centaines de milliers de personnes ont péri dans la violence au Zaïre puis en RDC entre 1996 et 2003.
Kabila est assassiné par un kadogo en janvier 2001. Son fils Joseph, 29 ans, lui succède. Élu président en 2006, lors des premières élections libres du pays depuis son indépendance en 1960, M. Kabila, à qui la Constitution interdit de se représenter, reste à la tête du pays alors que son mandat est échu depuis décembre.
KINSHASATIMES.CD/ Africatime

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La RédactionLa Rédaction7 mai 20175min0

Le Président national de l’UDA Originelle, parti politique membre de la Dynamique de l’opposition et du Rassemblement des forces acquises au changement, Claudel André Lubaya, analyse l’assaut diplomatique lancé par l’exécutif congolais sur le continent africain et décèle dans cet assaut, l’essoufflement total du pouvoir de Joseph Kabila qui annonce la chute très prochaine du Régime de Kinshasa.

La première semaine du mois de mai a été marquée par une tournée dans la Région des Grands-Lacs du ministre des affaires étrangères congolais, Léonard She Okitundu, pour solliciter le soutien des États voisins de la RDC à l’exécutif dirigé par le Président Joseph Kabila, dans sa lutte contre l’ « ingérence » occidentale dans le bras de fer qui l’oppose au Rassemblement des forces acquises au changement, principale coalition de l’opposition congolaise. Il a rencontré tour à tour, le Président Burundais, Pierre Nkurunziza, le Président Rwandais, Paul Kagame et le Président Ougandais, Yoweri Museveni.

Cette énième tournée diplomatique du pouvoir de Kinshasa après celle de Joseph Kabila qui s’est rendu en personne, chez Abdel Fatah Al-Sisi, en Égypte, au Gabon chez Ali Bongo, en avril dernier, trahi l’essoufflement du pouvoir de Kinshasa selon Claudel André Lubaya.

« Essoufflés, ils font le tour de certaines capitales africaines, sanctuaires de la tyrannie et références en matière de répression, pour solliciter le soutien ! S’exclame-t-il, en quel domaine ? », S’interroge le député national qui considère que « Kigali, Bata (ville portuaire de la Guinée équatoriale), Bujomumbura, le Caire, Ndjaména et Libreville n’ont rien de positif à nous (congolais) apprendre. C’est dans ces villes que règnent des pouvoirs corrompus, usés et rejetés par leurs peuples ».

En s’engageant sur cette voie, Claudel Lubaya trouve que le pouvoir de Joseph Kabila refuse de se rendre à l’évidence. Son mandat est fini et Joseph Kabila a violé l’accord du 31 décembre sur lequel reposait sa légitimité il ne lui reste plus qu’à quitter le pouvoir selon l’ancien Gouverneur du Kasaï occidental.

« Ils ont violé la constitution. Ils ont violé l’accord du 31 décembre 2016. Ils viennent de chiffonner l’arrangement particulier. Leur pouvoir n’a plus de base légale, il est sans assises, comme un tigre en papier », écrit-il sur son mur facebook.

Selon sa lecture du champ national et international actuels, les dirigeants congolais « sont isolés sur la scène internationale, ils ont déjà perdu, en interne, toute légitimité et tout appui objectif. Rejetés par le peuple, poursuit-il, le débauchage, le mensonge et la violence restent désormais leur seul rempart sur fond de maladresse et scandales à répétition. Violences au Kasaï, énumère-t-il, viols à l’Est, panama papers, lumumba papers et panama papers ».

En effet, en interne, le Rassemblement de l’opposition (principal interlocuteur du pouvoir dans les négociations du centre interdiocésain) dénonce le torpillage de l’accord du 31 décembre 2016 qui définit le fonctionnement des institutions de la transition en RDC, et dénie toute légitimité et légalité de président de la République, à Joseph Kabila.

En international, le Conseil de sécurité de l’ONU qui s’inscrit dans sa Résolution 2348, exige la nomination d’un premier ministre de transition accepté par tous et principalement par le Rassemblement conduit par Félix Tshisekedi. L’Union européenne pour sa part note la non application des engagements pris par le pouvoir, à travers les négociations avec l’opposition et menace de sanctionner certaines personnalités de l’actuel régime, ce 15 mai.

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La RédactionLa Rédaction3 mai 20175min0

Le 3 mai le monde entier célèbre la liberté de la presse. L’ambassadeur du Royaume-Uni en RDC, Graham Zebedee, saisit l’occasion pour plancher sur le rôle et avantages des médias libres. Ci-dessous l’intégralité de la réflexion du diplomate britannique 

Aujourd’hui, c’est la Journée mondiale de la liberté de la presse.  C’est un bon jour pour réfléchir sur les avantages d’avoir des médias libres.  Mais pour commencer, soyons honnêtes.  Une presse libre met tout le monde un peu mal à l’aise.  Personne n’aime être critiqué, voir ses échecs étalés et parfois faire l’objet de moquerie, voir ses réalisations remises en question, ses motivations attaquées.  Les politiciens, fonctionnaires, hommes d’affaires, dirigeants d’églises – même les diplomates ! – font l’objet de ces critiques.

Ainsi, il y a une tentation réelle de la part des gouvernements d’utiliser leurs pouvoirs pour essayer d’empêcher les médias de publier des informations.  Et bien sûr qu’il existe quelques cas spécifiques liés à la sécurité nationale, ou pour des raisons juridiques, où toutes les nations (y compris la mienne) imposent des restrictions à la liberté de la presse.  Mais il est contre-productif et dangereux de limiter la liberté de la presse au-delà de ces cas isolés.

Premièrement, une telle restriction ne marche pas.  Grâce à une meilleure et rapide couverture Internet en RDC, et avec la baisse des prix du smartphone, les Congolais sont de plus en plus informés via les médias sociaux (follow @grahamzebedee !) ou les sites Internet, qui ne peuvent pas être facilement censurés.  La vérité finira par éclater.

Deuxièmement, une telle limitation donne une mauvaise image.  Les gens se demandent ce qu’un gouvernement cherche à cacher, même s’il ne cache rien.  Les investisseurs potentiels s’inquiètent du climat des affaires dans ce pays.

Troisièmement, elle empêche l’administration du gouvernement de s’améliorer.  L’inefficacité, les mauvaises prises de décisions et la corruption arrivent à tous les gouvernements.  L’exposition de ces faits par les médias offre à tout le monde l’occasion d’améliorer ses systèmes pour minimiser les risques de répétition. Souvent les problèmes et les erreurs se répètent s’ils n’ont pas été critiqués ou publiés.

Quatrièmement, les gens ont le droit de savoir beaucoup de choses sur le fonctionnement d’un gouvernement.  Pas tous les détails, bien sûr.  Mais plus ils savent, plus ils peuvent jouer un rôle actif dans la société et l’économie.

Donc, dans l’ensemble, les pays qui ont une presse plus libre ont tendance à avoir des gouvernements plus efficaces, à être plus attrayants pour les investisseurs, et leurs citoyens sont mieux informés.

Cependant, tous les pays ne permettraient pas à un ambassadeur de publier ses points de vue dans un journal, comme je le fais aujourd’hui.  Ceci nous donne un indice de la liberté de la presse en RDC.  En cette matière, la RDC et le Royaume-Uni ont reculé de deux places dans le classement au cours des douze derniers mois, le Royaume-Uni étant actuellement 40e et la RDC 154e.  La RDC s’est engagée à prendre un certain nombre de mesures pour améliorer la liberté de la presse.  Tout d’abord, la pleine mise en œuvre des éléments sur la liberté des médias libres contenus dans l’accord du 31décembre ; deuxièmement, l’adoption des lois sur la dépénalisation des délits de presse ; troisièmement, l’adoption de la loi sur l’accès à l’information.   La mise en œuvre de ces mesures très concrètes aiderait les journalistes congolais à apporter la lumière dans le cœur de la vie publique – et en fin de compte une telle mise en œuvre bénéficierait à tout le monde.

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La RédactionLa Rédaction30 avril 20178min0

En République démocratique du Congo, le mois d’avril part en laissant derrière lui une série d’échecs. Echecs de la signature de l’arrangement particulier et de la nomination d’un premier ministre selon l’esprit et la lettre de l’accord de la Saint-Sylvestre ; échec de l’opposition du Rassemblement de retrouver son unité pour mieux faire face au régime en place qui cherche de tactique pour se maintenir au pouvoir ; échec du rapatriement et de l’enterrement de la dépouille du leader de l’opposition, Etienne Tshisekedi.

Le souhait de voir la classe politique congolaise transformer ces échecs en réussite va se heurter à un chapelet de « mais » et de « si » tout au long de ce mois de mai. La formule proposée par tel camp pour trouver la solution à telle équation est en effet pour l’autre camp, une inconnue qui compromet la résolution de la même équation.

Enterrement d’Etienne Tshisekedi

Les familles biologique et politique de Feu Etienne Tshisekedi ont levé l’option : la dépouille du sphinx de Limete sera rapatriée à Kinshasa ce 12 mai pour être enterrée au siège de son parti politique, l’UDPS, dans la commune de Limete dont le renom se confond à celui de son ancien habitant qui l’a vendue au monde. Et cela, avec ou sans l’accord du gouvernement provincial. Le statut d’ancien haut fonctionnaire de l’Etat congolais, lié à Etienne Tshisekedi, oblige au pouvoir de Joseph Kabila de prendre en charge ses obsèques. Mais il y a un « mais ».

Nous le savons, la décision d’enterrer Etienne Tshisekedi dans un milieu résidentiel s’oppose à celle de l’exécutif congolais qui exige que celui-ci soit enterré dans un cimetière, « lieu de sépulture prévudans les textes congolais ».Est-ce que l’un de 2 fils politiques du lider maximo, le Premier ministre sortant, Samy Badibanga, ou Bruno Tshibala, premier Ministre entrant,pourra disponibiliser le palais du peuple pour la veillée mortuaire ? Ou il se verra obliger d’ordonner la fermeture des portes du « temple de la démocratie » pour qu’Etienne Tshisekedi, l’acteur politique national à l’ampleur internationale, soit pleuré dans une résidence privée à Limeté comme un chef de quartier ?

Si finalement le pouvoir décided’accompagner l’UDPS dans sa décision en déclinant son implication dans ces obsèques, pour réduire leur mpact populaire, dans un contexte où la rue est brandit quotidiennement par son camp comme arme d’obtention de l’application intégrale de l’accord du 31 décembre 2016, va-t-il sécuriser ces obsèques ? Si le pouvoir résout d’envoyer les éléments de la police sécuriser les obsèques d’Etienne Tshisekedi, à qui il priverait le luxe d’être enterré comme il a vécu, quel accueil les militants de l’UDPS réserveront-ils à un tel cortège ? Le leader charismatique sera-t-il ignominieusement enterré en emportant avec lui d’autres âmes dans l’au-delà ? Autant de questions auxquelles le mois de mais devra répondre.

L’ONU et le chapitre VII de sa charte

L’ONU a inséré sa résolution 2277 dans le chapitre vii de sa charte,pour obtenir l’ « Accord global et inclusif du centre interdiocésain » le 31 décembre. A l’apparition à l’horizonde l’échec de la mise en œuvre de cet accord, le Conseil de sécurité de l’ONU s’est, une fois de plus appuyée sur le même chapitre vii de l’Organisation des Nations Unies et a voté la Résolution 2348 pour contraindre les parties prenantes à se soumettre à leurs propres écrits. Mais le pouvoir en place a préféré débauché des acteurs politiques au sein de son principal interlocuteur dans le dialogue au Centre interdiocésain, le Rassemblement de l’opposition, pour finaliser ces discussions en signant l’arrangement particulier au palais du peuple.

Le Rassemblement de l’opposition conduit par Félix Tshisekedi qualifie cette signature de l’arrangement particulier, tantôt d’une farce, d’un élargissement de la Majorité présidentielle ou que sais-je encore ! La Monusco appelle à l’inclusivité de cette signature de l’arrangement particulier mais la Majorité considère que le chapitre est complètement parcouru.

Si les violons ne s’accordent pas, le Conseil de sécurité va finalement recourir à des moyens coercitifs pour faire respecter le chapitre vii de sa charte ou va-t-il encore voter une énième résolution pour demander aux acteurs politiques congolais qui ne s’entendent pas, de s’entendre ? C’est mai qui a la réponse à ce questionnement.

Rassemblement ou dispersion de l’opposition ?

L’opposition qui a donné des insomnies à Joseph Kabila et compagnies en se rassemblant au sein du « Rassemblement de l’opposition » à Genval, a connu une fissure au mois de mars, déclenchée par la restructuration de la direction de la plus importante plateforme de l’opposition. La cause réelle de cette division s’il faut le dire, c’est la guerre de positionnement des acteurs politiques de cette coalition politique qui n’ont pas pu résister à l’appât, la primature et les postes ministériels, leur lancé par la Majorité présidentielle.

Depuis quelques jours,il se raconte que quelques noms des têtes d’affiche de l’aile dissidente du Rassemblement conduit par le Premier ministre Bruno Tshibala, seraient indésirables dans le prochain gouvernement par le Président de la République, Joseph Kabila. Si à la publication du gouvernement,la rumeur se transforme en information, ces « indésirables » témoigneront leur fidélité à leur guide, Bruno Tshibala, porteur de l’ « idéologie tshisekediste » ?Ou ils iront créé un autre « Rassemblement de tshisekedistes durs et purs » ? Le moi de mai cache encore beaucoup de réponses.

Etienne Tshisekedi sera peut être rapatrié à Kinshasa le 12 mai comme promis mais…La Monusco exige l’inclusivité de l’arrangement particulier signé au palais du peuple sans le Rassemblement dirigé par Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi, reconnu comme interlocuteur valable dans les négociations par le médiateur, la CENCO. Si rien de tel n’arrive, est ce que…Le Rassemblement d’ « héritiers de l’idéologie de Tshisekedi » a la primature en poche. Si les noms de certains cadres ne figurent pas dans le prochain gouvernement, naitra-t-il encore une autre aile du Rassemblement de plus tshisekedistes ?

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La RédactionLa Rédaction7 avril 20177min0

Le 07 avril le monde célèbre la journée de la Santé. A cette occasion l’ambassadeur britannique en RDC, Grahim Zebedee a indiqué que son pays continue à appuyer la lutte contre les maladies d’épidémies et de malnutrition en soutenant les pays touchés par ces maladies, dans la mise en œuvre des systèmes sanitaires plus résilients.

Voici l’intégralité de sa réflexion.

Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé, nous pouvons réfléchir sur les progrès qui ont été réalisés face aux grandes menaces sanitaires, et pour nous protéger des maladies meurtrières.

Mais il s’agit aussi de prendre acte des grands défis sanitaires qui restent, et de nous rappeler qu’il est dans l’intérêt du monde entier d’avoir les meilleurs systèmes de sécurité sanitaire en place pour nous permettre d’être épargnés de maladies, d’épidémies et de malnutrition. Nous devrions travailler pour améliorer ces systèmes et nous assurer qu’ils fonctionnent de façon efficace pour ceux qui en ont le plus besoin.

D’énormes progrès ont été accomplis pour parvenir à un monde plus sanitaire, et le Royaume-Uni est fier d’avoir joué un rôle de leadership dans la réalisation de ces progrès:

• Sur le plan mondial, le nombre de cas de poliomyélite a été réduit de 350.000 en 1988 à seulement quatre cas en 2017. En RDC, aucun cas n’a été enregistré depuis 2012. Ceci signifie que la fin de la transmission de cette maladie dans le monde entier est une possibilité réelle.

• L’année passée, les décès dus au paludisme ont été réduits de moitié dans six pays en forte prévalence, y compris la RDC où la morbidité et la mortalité liées au paludisme ont diminué de 40% entre 2011 et 2015. Le Royaume-Uni a contribué à sauver la vie de 103.000 femmes enceintes ou en accouchement; nous avons aidé à vacciner plus de 67 millions de personnes contre des maladies évitables, et nous avons aidé plus de 64 millions de personnes à accéder à l’eau potable et l’assainissement ou à des conditions d’hygiène améliorées.

Malgré ces progrès, notre monde continue à être confronté à de grands défis y compris le changement climatique, la pauvreté généralisée, les conflits et la menace d’infections. L’épidémie d’Ebola en 2014 nous a montré que le monde n’est pas à l’abri des maladies meurtrières, et que des menaces sanitaires peuvent vite devenir des crises à grande échelle.

L’Organisation mondiale de la santé (l’OMS) a un rôle essentiel à jouer dans la réponse à ces défis. Mais elle a urgemment besoin de se moderniser, d’entreprendre des mesures de réforme et d’augmenter son efficacité organisationnelle.

Il existe maintenant une réelle opportunité de voir s’opérer un changement positif, avec l’élection d’un nouveau Directeur général de l’OMS, qui aura bientôt lieu. A la fin du mois de mai, les ministres de la santé de 194 pays vont élire la personne qui – au premier jour du mois de juillet – remplacera le Dr Margaret Chan comme prochain Directeur-général de l’OMS.

Ce poste a pour objectif d’assurer la santé et le bien-être de milliards de personnes, et requiert pour cela une personne bien préparée à répondre à ce défi. C’est pour cela que le Royaume-Uni a apporté son plein soutien au Dr David Nabarro, l’un des trois candidats retenus pour briguer le poste:

• Dr Nabarro jouit d’une expérience inégalée. Il a passé plus de 40 ans dans le secteur de la santé publique internationale en qualité de médecin, enseignant, fonctionnaire international et diplomate, et il a à plusieurs reprises réussi à gérer et relever des défis complexes au plan mondial.

• Il a œuvré aux avant-postes dans plus de 50 pays, y compris plusieurs en Afrique. Il a également passé 15 ans de familiarisation avec les subtilités des systèmes de l’ONU et de santé mondiale, travaillant sur le virus Ebola, la grippe aviaire, le choléra et la nutrition.

La vaste expérience de David le rend exceptionnellement qualifié pour assurer que l’OMS est capable de faire face aux défis de la décennie à venir. Il est le bon candidat au bon moment.

La santé doit être une priorité majeure dans l‘agenda internationale. Le Royaume-Uni va continuer à mener des efforts visant à lutter contre ces maladies qui compromettent les vies de milliards de personnes à travers le monde, tout en soutenant des pays dans la mise en œuvre des systèmes sanitaires plus résilients, tel que nous le faisons en RDC à travers notre aide bilatérale et multilatérale. De plus, nous allons continuer à militer pour l’amélioration des organisations internationales, afin qu’elles puissent dans la mesure du possible nous protéger des menaces sanitaires.

Le monde ne mérite pas moins.

Graham Zebedee
Ambassadeur britannique en RDC

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Avatar4 avril 20177min0

À Kinshasa et dans plusieurs villes de République démocratique du Congo, de nombreuses personnes sont restées chez elles hier, plutôt que d’aller au travail ou en classe. Les boutiques et les marchés sont restés fermés ou ont ouvert tardivement, et les rues étaient en général peu fréquentées.

Cette manifestation silencieuse a fait suite à un mot d’ordre de l’opposition appelant à une opération « villes mortes » afin de protester contre l’échec de la mise en œuvre de l’Accord du 31 décembre, un compromis incluant un partage du pouvoir conclu grâce à la médiation de l’Église catholique et qui a permis de désamorcer une situation explosive à la fin de l’année dernière. Cet accord permet au président Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de la limite de deux mandats consécutifs imposée par la constitution, limite qui a été atteinte le 19 décembre 2016, jusqu’à la tenue d’élections avant la fin de 2017.

​L’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) tient une conférence de presse à Kinshasa, capitale de la RD Congo, le 28 mars 2017.

La Conférence épiscopale nationale du Congo, la CENCO, a annoncé le 27 mars qu’elle renonçait à son rôle de médiatrice, en raison de l’impasse dans laquelle se trouve la mise en œuvre de l’accord. La coalition majoritaire au pouvoir a refusé d’accepter le choix de l’opposition de proposer Félix Tshisekedi comme Premier ministre, insistant pour que le Rassemblement, la coalition de partis d’opposition partenaire de l’accord, soumette au moins trois noms, parmi lesquels le président Kabila nommera un Premier ministre. La majorité a également rejeté la désignation par le Rassemblement de Pierre Lumbi pour succéder à Étienne Tshisekedi, récemment décédé, comme président du Conseil des Sages du Rassemblement, ce qui devrait automatiquement faire de lui le président du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA).

En annonçant qu’ils se retiraient, les évêques catholiques ont appelé Kabila à prendre ses responsabilités et à s’engager personnellement pour assurer une mise en application rapide de l’accord. Ils ont également appelé la communauté internationale à y apporter un appui plus vigoureux, et le peuple congolais à rester « vigilant. »

Le lendemain, 28 mars, la tension était vive à Kinshasa et dans plusieurs autres villes, où des groupes de manifestants se sont répandus dans les rues, incendiant des pneus ou scandant des slogans contre le gouvernement Kabila, en signe de protestation contre l’échec de l’accord et pour appeler Kabila à abandonner le pouvoir.

À la fin de la journée, Jean-Marc Kabund, secrétaire général du principal parti d’opposition, l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS), a déclaré devant une foule importante rassemblée à Kinshasa que le pays était « dans l’impasse » et a appelé à « des actions de résistance pacifique », notamment à une manifestation nationale le 10 avril pour protester contre l’échec dans la mise en œuvre de l’accord. Après que des manifestants eurent appelé à une action plus immédiate, la police est arrivée et a tiré des cartouches de gaz lacrymogène pour disperser la foule.

Le 29 mars, le Rassemblement, auquel appartient l’UDPS, a publié une déclaration dans laquelle il considère que l’accord est « rompu. » Il a exhorté tous les Congolais à respecter l’opération ville morte d’hier, à soutenir un mouvement de « grève générale » le 5 avril et à participer aux défilés du 10 avril, ainsi qu’à des manifestations ultérieures afin d’exiger la mise en application de l’Accord de la Saint-Sylvestre.

Kabila aurait affirmé aux évêques, lors d’une rencontre le 28 mars, qu’il s’impliquerait personnellement dans la recherche d’une solution à cette impasse politique. La présidence a annoncé que Kabila rencontrerait les partis concernés cette semaine, mais le Rassemblement a d’ores et déjà déclaré qu’il n’y participerait pas. Kabila devrait s’adresser au parlement dans les jours qui viennent.

Ces manœuvres politiques se sont déroulées dans un contexte d’indignation publique croissante concernant les violences commises dans la région du Kasaï, dans le centre de la RD Congo, où le bilan des victimes ne cesse d’augmenter. La mort toujours inexpliquée de deux experts de l’ONU, Michael Sharp et Zaida Catalán, dont les corps ont été découverts la semaine dernière, la disparition jusqu’à ce jour de leurs quatre collègues congolais, et de nouvelles informations selon lesquelles des militaires auraient exécuté sommairement des jeunes en effectuant des opérations de recherche au porte-à-porte dans la ville de Kananga, soulignent la nécessité d’une enquête internationale et indépendante sur les violences commises dans cette région.

Les partenaires internationaux de la RD Congo devraient agir vigoureusement – y compris par de nouvelles sanctions ciblées de la part de l’ONU, de l’Union européenne et des États-Unis – et accroître la pression sur Kabila et son gouvernement. De nombreux Congolais sont en train de perdre tout espoir que l’Accord de la Saint-Sylvestre puisse être sauvegardé et qu’une transition démocratique pacifique puisse avoir lieu.

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Avatar29 mars 20178min0

Pourquoi Pierre Lumbi, Président du Conseil des sages du Rassemblement fait-il autant peur à la Majorité présidentielle ? Tout simplement parce qu’il a eu le courage, en son temps, de dire la vérité au chef de l’Etat au moment où tous les autres courtisans se distinguaient par l’hypocrisie, attitude proche de la félonie. Ayant pris ses libertés pour n’avoir pas été entendu, Pierre Lumbi ne peut, aujourd’hui, être considéré comme l’ennemi de la République, encore moins comme l’ennemi de Joseph Kabila.

En tout cas, hier lundi au Kempmski Fleuve Congo Hôtel, les ténors de la MP ont étalé toute leur haine vis-à- vis de Pierre Lumbi. Ils ont craché le morceau qui les coinçait dans la gorge. Acculés par la presse devant leur intransigeance à boucler le dossier de la présidence du Conseil national de suivi de l’accord (CNSA), poste pourtant réservé, selon l’accord du 31 décembre au président du Conseil des sages du Rassemblement, les caciques de la MP ne pouvaient plus se voiler la face.

La révélation faite au cours de l’échange avec la presse permet aujourd’hui de comprendre pourquoi la MP s’est opposée à toute forme de compromis lorsqu’il s’est agi de pouvoir au poste de président du CNSA. Sa peur, ce n’est pas parce que le poste revient de droit au président du Conseil des sages du Rassemblement, c’est plutôt la personne de Pierre Lumbi. Très redouté désormais par ses anciens camarades, le président du G7 – ce groupe de sept partis politiques qui ont quitté la barque MP au temps opportun, est devenu le mal aimé du pouvoir en place.

Lundi au Kempinski Fleuve Congo Hôtel, Ramazani Shadary, virulent membre de la MP, a rompu le silence. Il a urbi et orbi révélé les raisons pour lesquelles la MP déteste la présence de Pierre Lumbi au président du CNSA. Il assimile cette désignation à une «prime à la traitrise ». Par rapport à quoi ? Seule la MP en détient le secret.

Il faut dire que, par son dynamisme et sa perspicacité Pierre Lumbi n’a pas tardé à avoir du vent en poupe lorsqu’il a basculé dans l’opposition. Ce positionnement rend la MP malade et lui fait monter la moutarde au nez. De l’antipathie la MP est passée à la répugnance.

A telle enseigne que Pierre Lumbi passe pour un ennemi du pouvoir au lieu d’être considéré comme un adversaire politique dans contexte réputé démocratique.

Que redoute la MP? Réponse, le parcours de Pierre Lumbi. Au cours de son cheminement, celui-ci a fait preuve d’une loyauté et d’une sincérité que nul ne peut lui contester. C’est avec le défunt Samba Kaputo, grand stratège de la MP, qu’ils ont monté le MSR (Mouvement social pour le renouveau), deuxième force politique de la MP au terme des élections de 2006. Bien auparavant, Pierre Lumbi avait toujours incarné des valeurs qui ont justifié – à juste titre d’ailleurs – son ascension dans l’échiquier politique. Alors, dire aujourd’hui qu’il a trahi, comme le prétendent les ténors de la MP, c’est mal connaître l’homme et méconnaître en même temps son parcours d’homme d’Etat, assorti de valeurs nobles de la démocratie.

MP, TERROIR DE GRANDS TRAITRES

Conseiller spécial du chef de l’Etat, Pierre Lumbi était lié à Joseph Kabila par le sermon de lui dire la vérité, rien que la vérité. Est-ce cela qui peut être transformé en trahison ? Pas du tout. Il l’a fait, à l’époque, par devoir mais aussi pour se conformer à son statut de conseiller du chef de l’Etat en matière de sécurité. Son rapport au chef était une façon à l’alerter sur les pensées profondes de la population, sans chantage ni flagornerie.

En réalité, les ténors de la MP ceux qui continuent à entêter le chef de l’Etat à ramer à contre-courant de la volonté du peuple – sont les premiers qui le trahissent. Ils ont peur de dire la vérité au chef de l’Etat. Ils font semblant de jouer à la salsa, alors que le navire, à l’instar du Titanic, coule. Accrochés à leurs intérêts acquis, ils ne voient pas l’iceberg qui se dresse sur le chemin du pouvoir exercé désormais par défi. Ils sont presque hypnotisés par un pouvoir dont ils perdent chaque jour les manettes.

A l’époque, Pierre Lumbi a eu le courage de prévenir sa hiérarchie. Il a été fidèle au sermon- la vérité rien que la vérité – qui le liait au chef de l’Etat. Certes, il n’a pas été entendu. Mais, l’histoire retiendra son courage et son sens d’honneur dont nul ne peut se targuer aujourd’hui dans les rangs de la MP. Ils sont tous corrompus – jusqu’à la moelle épinière. Ils sont tous aveuglés. Et c’est dans ce précipice qu’ils veulent entraîner leur autorité morale, en le couvrant de chimères. Alors que sur le terrain, la situation vire au pire.

A l’époque, Pierre Lumbi avait son devoir, à savoir, faire état des signaux que renvoyaient la rue. Et aujourd’hui, c’est cette même rue qui gronde, au moment où la MP prend ses vessies pour des lanternes et fait croire au chef de l’Etat d’avoir le contrôle de la situation. Coordonnateur du G7 et Président du Conseil des sages du Rassemblement, Pierre Lumbi reste fidèle au chemin de la liberté qu’il a choisi. Il s’accroche aux valeurs de la République qu’il a juré de défendre jusqu’au bout. Avec le chef de l’Etat, il n’a jamais été un félon, n’en déplaisent à ceux qui prétendent le contraire. Le navire tangue.

La rue gronde et grinces les dents au moment où la MP cherche à présenter au chef de l’Etat le contraire.
Objectif : le couper de la réalité. Tôt ou tard, la vérité finira par éclater au grand jour. Et ce jour n’est plus loin. Lorsque viendra le moment du sauve¬ qui-peut ou du reniement, l’on saura qui a trahi le chef et qui lui a été fidèle. Nombreux garnissent encore les rangs de la MP- par simple hypocrisie.

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Avatar24 mars 20177min0

Dans cette tribune libre, cet acteur politique congolais salue la mission combien lourde du Chef de l’Etat aux évêques afin de parvenir à une issue heureuse de l’Accord de la Saint Sylvestre, avant cependant de s’interroger sur ce qui serait réellement caché derrière la démarche des prélats catholiques, lorsqu’on sait qu’à plus d’une fois, ils ont trébuché dans cette tâche des bons offices.

Mais qu’à cela ne tienne, est-ce que la Cenco s’arrêtera-t-elle au côté morale au détriment de l’humain de ces discussions qui touchent à la fin, ou a-t-elle une ambition ?

Voici l’intégralité de sa réflexion.

Au fur et à mesure que les échanges directs du Centre Interdiocésain amorcent leur atterrissage en douceur, apparaît comme confusément aux confins de l’horizon politique la question du sort de la CENCO à l’issue de ces tractations.

A la façon normande, je serais tenté de répondre que la mission de la CENCO prend fin à la remise de leur rapport au Président Joseph KABILA KABANGE après la signature de l’Arrangement particulier. Réponse logique s’il en est mais qui est loin de répondre à la vraie préoccupation contenue et exprimée par cette question apparemment
naïve.

L’expression exacte et idoine de cette question serait plutôt  » quel rôle réserver à la CENCO dans la structure mise en place dans le cadre de l’Accord du 31 décembre 2016 et de l’Arrangement particulier ». Aspiration, peut-être ou même certainement, légitime de la part de leurs auteurs ou des adeptes d’une telle perspective.
Mais présentée en ces termes, cette aspiration pose de façon cruciale et critique une question éthique fondamentale.

Etait-ce la finalité de la mission de bons offices que le Président Joseph KABILA KABANGE a confiée aux Evêques de la CENCO ? De toute évidence et en bonne logique, non. En effet, le fondement de la volonté du Président de la République se trouve dans le fait moralement certain que la CENCO n’est pas politiquement intéressée, n’a pas de parti pris et n’a aucune ambition de ce genre. Et donc, la CENCO était le parfait prototype de facilitateur pour ce genre de dialogue.

Sur le plan purement catholique, ce devoir confié par le Chef de l’Etat aux Evêques de la CENCO est comme une mission de miséricorde divine. Cette perception semble avoir été partagée et acceptée par toutes les parties prenantes sans réserve particulière quelconque.

C’est pourquoi, tous les Délégués sans exception trouvent logique et acceptable le rituel catholique de commencer les travaux par la prière dite par l’Evêque Président des céans non au nom de l’œcuménisme mais
au nom de l’Eglise catholique.

Par conséquent, cette pratique, autant que leur mission, se situe dans la logique eschatologique de « Misericordiae vultus  » où le Pape François affirme que  » Dans la miséricorde, nous avons la preuve de la façon dont Dieu aime. Il se donne tout entier, pour toujours, gratuitement et sans rien demander en retour.

… Il vient à notre secours lorsque nous l’invoquons « … Mais…  » sans tomber dans l’indifférence qui humilie, dans l’habitude qui anesthésie rame et empêche de découvrir la nouveauté, dans le cynisme destructeur  » (in misericordiae vultus).

D’autre part, sur un plan purement humain, cela signifierait qu’ils voudraient tirer profit de la rente de leur mission de bons offices pour entrer en politique par effraction. Tentative moralement indécente. S’agit-il d’un cas d’abus de position dominante ou d’une version édulcorée du plan B qu’ils menacent de mettre à exécution en
cas d’échec des échanges directs.

Dans tous les cas, se posent alors de façon lancinante deux types de questions :

– Pourquoi cette discrimination à l’égard des autres confessions religieuses ou même de la-Société Civile dont la CENCO fait partie ?
– La deuxième question concerne la problématique de la laïcité de la République Démocratique du Congo au risque de mettre l’Accord en porte à faux avec la Constitution et la nature même de l’Etat.

Tous bien considérés, particulièrement en cette période de carême, un tel appel ressemble moralement à la tentation de Jésus dans le désert en faisant miroiter la vanité des vanités, c’est-à-dire, la puissance
du Monde, au regard du Royaume des deux.

Pour ma part, je ne doute pas un seul instant que, comme Jésus à Satan, les Evêques de la CENCO commanderont à ces sirènes tapis à New York ou ailleurs, qui les poussent dans cette voie par un  » VADE RETRO  » autoritaire ce que dans une lecture libre nous pouvons traduire par  » Pas question ! Laissez-nous nous occuper du salut de rame après vous avoir donné la preuve de la miséricorde de Dieu.  »

Une telle attitude serait une réponse adéquate aux contestations de leur propre composante voire de certains de la classe politique avant qu’elles ne fussent nées.

Ce serait enfin, aussi, la preuve évidente de la sagesse divine sinon christique  » Laissez à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui est à César « .

Fait à Kinshasa, le 22 mars 2017
Ambassadeur André-Alain ATUNDU LIONGO

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Avatar23 mars 20177min0

Le 25 mars, l’Union européenne célébrera le 60e anniversaire de la signature des traités de Rome, qui a constitué la première étape vers une Europe unie. Depuis la genèse des Communautés européennes, en 1957, les citoyens de nos États membres ont connu six décennies d’une paix, d’une prospérité et d’une sécurité sans précédent. Le contraste avec la première moitié du XXe siècle ne pourrait pas être plus grand.

Les deux guerres désastreuses qui ont lieu en Europe entre 1914 et 1945 ont fait des millions de morts et ont laissé le continent dévasté, divisé et exsangue. Pour des pays qui avaient été longtemps
belligérants, l’intégration européenne a constitué le projet de paix le plus réussi de notre histoire.

Dès l’année 1958, la Commission européenne a créé une antenne à Kinshasa, même avant l’indépendance du Congo. Le projet de paix et de stabilité européen a depuis ces débuts été un projet à ambition globale, coïncidant avec le regain d’indépendance des pays africains.

Aujourd’hui, nos relations bilatérales avec la République démocratique du Congo sont régies par l’Accord de Cotonou. Cet Accord de partenariat crée un cadre commun d’engagements mutuels et instaure des principes politiques, sociétaux ou encore dans le domaine des échanges commerciaux entre l’Europe et les pays africains, du Pacifique et des Caraïbes – y compris la RDC. L’Union européenne est un partenaire de premier plan pour la RDC avec une coopération dans des domaines aussi importants que la navigabilité du fleuve Congo, la santé publique, la
biodiversité ou la réforme d’institutions congolaises fondamentales dans les secteurs de la justice, de la police ou de l’armée.

Le monde traverse actuellement une période de grande incertitude: le rapport de force mondial évolue et les fondements d’un ordre international reposant sur des règles communément admises sont trop souvent remis en question. L’Union européenne s’érige de plus en plus en fervent défenseur de cet ordre mondial. Elle le fait aussi en Afrique, comme partenaire de l’Union africaine. Deux jours seulement après l’investiture de la nouvelle Commission de l’UA, une délégation de haut niveau menée par la Haute Représentante de l’UE, Federica
Mogherini, vient d’effectuer une visite de travail à cette Institution sœur qui pourrait jouer un rôle aussi important pour la stabilité et la paix sur le continent africain que l’UE l’a fait sur le ‘vieux continent’.

Le 5ième Sommet UE-Afrique se tiendra cet automne en Côte d’Ivoire et permettra encore de renforcer ce partenariat.
L’UE est la deuxième économie du monde. Nous constituons le plus grand marché mondial et le principal investisseur étranger dans la plupart des régions de la planète.

L’UE a acquis une position de force en agissant de concert et d’une seule voix sur la scène internationale.
Nous investissons collectivement, UE et états-membres, plus dans la coopération au développement et dans l’aide humanitaire que le reste du monde.

L’UE joue ainsi un rôle de plus en plus actif en tant que garant de la sécurité au plan mondial, y compris en Afrique.Nous défendons le développement durable, des sociétés solidaires et la lutte contre toutes les inégalités – en matière d’éducation, de démocratie et de droits de l’homme. Pour nous, c’est un investissement
intelligent dans notre sécurité et notre prospérité commune. L’UE est le seul bailleur de fonds au monde qui apporte un soutien à tous les pays fragiles ou en situation de conflit.

Nous défendons de meilleures règles à l’échelle mondiale, qui protègent les populations contre les abus, qui renforcent les droits et relèvent le niveau des normes. C’est grâce à notre mobilisation – celle de l’Union et de ses États membres – que la communauté internationale a mis en place des accords innovants comme les
objectifs de développement durable, l’accord de Paris et le programme d’action d’Addis-Abeba sur le financement du développement.

Dans un monde où la politique de coercition parfois arbitraire réapparaît, l’Union européenne aura un rôle encore plus important à jouer pour garantir le respect du droit international comme base de nos relations
internationales.

Dans un environnement international plus fragile, il faut renforcer la
coopération, et non se replier sur soi. C’est la raison pour laquelle
l’UE continuera à soutenir et à aider les Nations unies: dans un débat
important cette semaine au Conseil de Sécurité l’importance d’une
mission de paix telle que la MONUSCO vient d’être confirmée, garant de
la stabilité et la paix en RDC, objectif d’importance primordiale pour
les pays de la région et toute la communauté internationale.
Quoi que nous réserve l’avenir, une chose est sûre: l’UE continuera de
placer la promotion de la paix et de la sécurité internationale, de la
coopération au développement et des droits de l’homme ainsi que la
réponse aux crises humanitaires au cœur de sa politique étrangère et
de sécurité. C’est bien dans cette logique que l’Union européenne se
prépare à apporter un appui encore plus important que dans le passé à
l’organisation des élections en RDC, dès qu’en conformité avec
l’Accord de la Saint Sylvestre un nouveau gouvernement congolais
d’union nationale aura été formé.
Bart Ouvry, Ambassadeur de l’Union européenne en République
démocratique du Congo

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La RédactionLa Rédaction20 mars 201716min0

57 ans après, le Parlement Francophone Bruxellois (PFB) est le premier Parlement belge à reconnaitre une page sombre et méconnue de la colonisation belge: la ségrégation menée par l’Etat belge à l’égard des Métis et ses conséquences dramatiques, en ce compris les adoptions forcées.

C’est un chapitre de l’Histoire de la colonisation assez méconnu. Celui des enfants métis nés pendant la colonisation. Des enfants nés d’une relation entre un père belge et une mère congolaise, rwandaise ou encore burundaise. Assumani Budagwa le relatait dans un livre paru en 2014 sous le titre « Noirs, blancs, métis: La Belgique et la ségrégation des Métis du Congo belge et du Ruanda-Urundi (1908-1960) ».

Histoire d’une ségrégation menée par l’Etat belge

Charles, 72 ans, fait partie des milliers de ces métis issus de la colonisation belge au Congo. Né d’une mère congolaise et d’un père belge, il a été retiré très jeune de sa famille. Une blessure qui n’est pas prête de se refermer. « Peu après ma naissance, nous avons déménagé au Rwanda, suite à la mutation de mon père, qui était agent sanitaire au service de l’État.

Bravant les interdits et les préjugés, il m’a reconnu. Cet acte lui a valu son renvoi du fonctionnariat colonial belge. C’est au Rwanda que ma mère fut convoquée pour la première fois chez un administrateur territorial. Celui-ci décida de me retirer de ma mère sur décision de l’État colonial. Je n’avais que 6 ans. »

Les enfants de Save

save

Le jeune Charles est alors placé en institution à Savé. Sa mère s’installe non loin de là pour tente de garder contact avec son fils. « C’était une espèce de caserne où on ne sortait presque jamais. Certains enfants recevaient des coups de fouet et étaient ligotés contre un mur. Heureusement pour moi, j’avais la chance de pouvoir être avec ma maman durant les vacances mais j’étais un cas rare », raconte l’homme, désormais actif au sein de l’association Métis de Belgique.

Quelques années plus tard, l’État organise l’envoi d’un grand nombre d’enfants métis en Belgique. « Je suis arrivé ici lorsque j’avais 12 ans. Malgré le fait que je dispose d’un acte de naissance signé par un officier de l’État civil belge, j’ai été mis sous tutelle sans aucun jugement. Nous étions alors placés en orphelinat ou en maison d’accueil. J’ai eu de la chance car j’ai été placé dans une famille extraordinaire mais ça n’a malheureusement pas été le cas pour tout le monde. Certains étaient exploités ou maltraités », se souvient Charles, qui vit désormais à Koekelberg.

Ce n’est finalement qu’à ses 18 ans que le jeune adulte obtient la nationalité belge. Il réussit néanmoins à rester en contact avec sa mère. « Je lui avais promis de revenir et je l’ai fait en 1977. Le fils aîné de ma famille d’accueil a même été lui rendre visite lorsqu’il est parti en mission au Rwanda. Et puis, il y a eu le génocide… »

C’est finalement à ses 18 ans que Charles obtient la nationalité belge
C’est finalement à ses 18 ans que Charles obtient la nationalité belge

Les enfants métis comme un danger

Dès leur petite enfance, on inculque aux métis qu’ils ont plus de valeur que les Africains, mais qu’ils restent inférieurs aux Européens…

Il n’y a pas de chiffres précis. Mais le chiffre de 20.000 enfants a été évoqué. Le phénomène prenait incontestablement de l’ampleur, à tel point que les autorités coloniales puis le gouvernement belge ont commencé à se pencher sur la question. On appelait alors ces enfants, des enfants mulâtres. Le terme vient de mulet, un croisement entre un âne et une jument. Cela donne une idée de la manière dont on les considérait.

Ces enfants attisent la curiosité des puissances coloniales, comme a pu le constater Assumani Budagwa. Il enquête sur le sujet depuis plus de 20 ans. Et vient de consacrer un livre à ce sujet: « Dès la fin du 19ème siècle, plusieurs puissances coloniales prennent conscience du phénomène de métissage. Et elles s’organisent en congrès pour essayer de comprendre l’ampleur du phénomène et aussi pour commencer à étudier l’enfant né de l’union ou de ces mélanges de races.

On les étudie presque comme on étudie les insectes: l’habitat, les types de maladies, le type d’alimentation qui leur convient etc… Et donc très vite, la plupart des puissances coloniales considèrent le métissage comme étant une menace aux intérêts coloniaux. Plus particulièrement, les métis sont considérés comme des dangers parce qu’il y a une ascendance européenne et une goutte de sang blanc.

Cumulant disait-on, les tares des deux races, ils pouvaient être les ferments de révolte. Cette obsession qui considère les métis comme un danger provient essentiellement du Canada, notamment de Manutauba où un métis appelé David Riel a été un leader de mouvements de contestation des métis. Et depuis lors, on a commencé à considérer que tout enfant métis était porteur de ces germes de révolte ».

La ségrégation des enfants métis

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Il y avait donc cette méfiance. Les Belges décident alors de trouver une place à ces enfants pour qu’ils ne nuisent pas en quelque sorte à l’intérêt de la colonie ni au « prestige racial ». Ils décident donc de séparer ces enfants de leurs familles d’origine, la plupart vivaient avec leurs mères africaines, et de les rassembler dans des colonies scolaires créées spécialement pour les métis.

Assumani Budagwa raconte: « des archives et des témoignages que j’ai consultés, il apparaît plusieurs manières de procéder. Il y a des endroits où ça a été brutal, où l’administration a envoyé des policiers dire : vous ramassez tous les métis que vous retrouvez et vous les ramenez au premier poste de mission. Il y a aussi des parents, des pères le plus souvent, qui, sentant que leur mission se terminait, ne souhaitant pas ramener leurs enfants en Europe, ont conduit eux-mêmes leurs enfants dans des centres d’accueil.

On pense même parfois que leurs employeurs les y encourageaient. Il y a aussi de manière très sournoise des délégations qui étaient envoyées auprès des mamans pour leur dire : l’état voudrait récupérer les enfants des Bazungus, les enfants des Européens, pour leur donner une éducation et donc ne vous opposez pas à ce que votre enfant soit acheminé à tel ou tel endroit. Il y a aussi des cas où ce sont les missionnaires, avec la crédibilité qu’ils avaient, qui sont allés trouver notamment les mamans pour leur dire : on peut s’occuper de votre enfant, lui donner une bonne éducation dans un internat. Et les mamans ont cru de bonne foi que leurs enfants étaient pris en charge par le clan européen, le clan blanc de leur papa ».

Résolution du Parlement Bruxellois

 Les députés francophones bruxellois étaient nombreux a exprimer leur soutien pour le vote la Résolution « Métis » (© Parlement francophone bruxellois)
Les députés francophones bruxellois étaient nombreux a exprimer leur soutien pour le vote la Résolution « Métis » (© Parlement francophone bruxellois)

C’est pour reconnaître cette ségrégation à l’encontre des métis sous l’administration coloniale du Congo belge ainsi que la politique d’adoptions forcées que le Parlement francophone bruxellois a voté ce vendredi 17 mars 2017, la résolution reconnaissant la ségrégation ciblée des Métis de la colonisation initiée par Julie de Groote (cdH), la présidente du Parlement bruxellois.

« C’est bien d’une politique officielle dont il s’agit aujourd’hui, une politique délibérée menée par l´Etat belge vis-à-vis des Métis, ni Blancs ni Noirs, ce ‘pénible problème’ et – je cite Nolf à nouveau – ‘aux conséquences sociales redoutables’. Ces enfants sont pratiquement enlevés à leur mère, les fratries séparées, pour être élevés dans des orphelinats, dont le plus connu est celui de SAVE. Autour de l’indépendance, les enfants sont envoyés en Belgique, placés dans des homes, mis sous tutelle ou confiés en adoption qu´on peut souvent qualifier de forcée.

Cette partie de l’histoire est méconnue, et le travail considérable de l’AMB, l’Association des Métis de Belgique, de la CEGESOMA, le livre d’Assumani Budagwa, les nombreux travaux et témoignages récents ont contribué à faire connaitre le destin de ces jeunes Métis. Une histoire méconnue, certes, mais pas cachée, pas taboue. Au contraire, une histoire construite, délibérée, et qui dès lors engage notre responsabilité collective » a-t-elle déclarait, lors de la clôture des débats, pour démonter la responsabilité engagée de l’Etat belge dans cette sordide action politique.

Par cette resolution, un texte qui a fait l’objet d’un consensus politique, le parlement via la Commission communautaire française (COCOF) demande au gouvernement fédéral belge de prendre des mesures en vue de résoudre les problèmes administratifs que rencontrent les métis et leurs descendants mais aussi de faciliter les retrouvailles par une meilleure collaboration avec les ambassades belges présentes sur place.

« Reconnaitre, c’est nommer, reconnaitre, c’est accepter sa responsabilité. C’est aussi pouvoir ensuite aller plus loin et réparer. On sait combien ce travail de mémoire collective est délicat. On sait combien il est difficile en Belgique de s’accorder sur cette histoire coloniale », renchérissait la presidente du Parlement.

Dans la foulée, le Parlement bruxellois francophone insiste également sur la simplification de la consultation des archives coloniales en Belgique par les métis belges, leurs descendants ainsi que par les habitants le Congo, le Rwanda et le Burundi.

« C’est la première fois en Belgique ! Merci au Pfb et un remerciement spécial à Mme de Groote, la Présidente, son équipe et tous les parlementaires francophones bruxellois de s’être engagés auprès de l’AMB [l’Associaiton des Métis de Belgique,NDLR] ! Merci de votre soutien… Un tout petit pas de mémoire mais un grand moment d’émotions et de dignité retrouvée ! « , a déclaré l’AMB dans un communiqué.

Julie de Groote, présidente du Parlement francophone bruxellois et les membres de l'Associaiton des Métis de Belgique ainsi que des députés bruxellois (© Parlement francophone bruxellois)
Julie de Groote, présidente du Parlement francophone bruxellois et les membres de l’Associaiton des Métis de Belgique ainsi que des députés bruxellois (© Parlement francophone bruxellois)
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