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Henri-Thomas Lokondo, un opposant au sein la Majorité Présidentielle

25 janvier 20179min0

La récente déclaration du député national, Henri Thomas Lokondo, sur l’accord des vues entre majorité et opposition en ce qui concerne le mode de désignation du prochain chef du gouvernement de la transition l’a maintenu dans sa ligne de libre penseur qui s’appuie souvent sur les principes pour donner sa position sur les sujets d’actualités. Cependant, en s’inscrivant dans la logique de la liberté prônée par son parti, l’Union congolaise pour la liberté, cet élu de Mbandaka entre souvent en contradiction avec les positions prises par sa famille politique.

Depuis la réélection de Joseph Kabila en 2011, son challengeur Etienne Tshisekedi ne l’a jamais reconnu explicitement, comme Président de la République. Plusieurs fois, l’ancien premier ministre a cité le nom de Joseph Kabila, mais en aucune fois il l’a appelé « Président de la République ». Alors que le Rassemblement de l’opposition a toléré la présence de l’actuel président de la RDC à la tête du pays, jusqu’à l’installation effective de son successeur, elle tient quand-même à réduire son influence ou son pouvoir dans le cours des événements pendant la transition.

Ceci justifie la bataille entre la délégation de la Majorité présidentielle et celle du Rassemblement de l’opposition au centre interdiocésain quant au comment désigner le successeur de Sami Badibanga Ntita, l’actuel premier Ministre.

En exigeant au Rassemblement de soumettre une liste de noms (5) au Chef de l’Etat, sur laquelle il en choisira un, qui sera nommé premier Ministre, la délégation de la MP aux négociations sur l’arrangement particulier au centre interdiocésain veut renforcer le pouvoir de Joseph Kabila et lui éviter une “humiliation” dans ces assises qui ont clairement réduit ce pouvoir en prorogation. En face, cette délégation de la MP se heurte à celle du Rassemblement qui n’est pas prête à se laisser marcher sur les orteils, et reste attachée à l’idée de présenter un seul nom à Joseph Kabila.

Dans ce duel, au nom de la solidarité, les cadres des deux plateformes, non conviés aux négociations soutiennent dans les médias, les positions exprimées par leurs délégués dans les discussions engagées en face à face. Cependant, le membre de la MP, Henri Thomas Lokondo se désolidarise des envoyés de la MP à la défense de la cause du camp Kabila:

« Le Président Kabila peut travailler avec le candidat qui lui sera présenté par le Rassemblement, au lieu de demander que le Rassemblement présente 2, 3, 4 ou 5 candidats. L’opinion peut se souvenir que le Président Kabila en 2006 a travaillé avec 4 vice-présidents dont 2 venaient de la rébellion armée. Encore que si on s’en tient vraiment à l’accord tel que nous l’avons lu, il est clairement dit que le premier ministre sortira du Rassemblement. On n’avait pas parlé du candidat à présenter et que le Président use de son pouvoir discrétionnaire. Il ne faut pas mettre le président en difficulté dans l’opinion pour rien », conseille-t-il aux mandatés de la MP actuellement en arrangement particulier avec ceux du Rassemblement de l’opposition.

Cette déclaration d’Henri-Thomas Lokondo, non seulement s’oppose à la démarche de la Majorité présidentielle mais aussi et surtout renforce l’argument que brandit le Rassemblement depuis le début des échanges. Et pourtant, Henri Thomas Lokondo, qui contredit ses pairs de la Majorité présidentielle n’en est pas à sa première :

Lokondo l’opposant

En octobre 2015, alors que le regretté Charles Mwando Nsimba venait de déposer les clés de la porte de son bureau de premier vice-président du bureau de la chambre basse du parlement, Henri Thomas Lokondo annonçait sa candidature à ce poste réservé à la Majorité parlementaire de Joseph Kabila, sans l’avale du bureau politique de la MP. Lorsque la MP donne plus tard le mot d’ordre aux élus de sa plateforme, de voter pour Floribert Luhonge, le député Lokondo s’y oppose et se présente à cette élection comme candidat indépendant. Il n’a pas gagné.

Lorsque la feuille de route du dialogue de la cité de l’Union africaine est publiée et soutenu par le camp Kabila, le député Lokondo la qualifie d’une «copie certifiée» de celle des concertations nationales qui contenaient plusieurs matières non nécessaires dans les solutions à trouver aux problèmes en discussion. La Majorité Présidentielle soutiendra aussi le projet d’accord présenté aux négociateurs par le togolais Edem Kodjo, mais l’un de ses cadre, toujours Henri Lokondo criera haut et fort que ce projet viole les articles 78 et 100 de la constitution, dans la mesure où d’une part il prévoit que le Président de la République nomme un premier ministre issu de l’opposition et d’autre part il consacre le consensus comme le mode qui va régir le gouvernement et le parlement, supprimant ainsi le pouvoir des législateurs.

En ce temps, les communicateurs de la MP font tourner les nerfs pour convaincre l’opinion de l’inclusivité du dialogue de la cité de l’UA en recourant même aux définitions des dictionnaires, afin de démontrer que l’absence du Rassemblement à ces assises ne dépouille en rien à ce dialogue, son caractère inclusif. Egal à lui-même, le Président national de l’Union congolaise pour la liberté, usera à nouveau de sa liberté pour reconnaître publiquement la non-inclusivité de ce dialogue et appellera à la convocation d’un deuxième dialogue que son regroupement politique n’a jamais accepté ouvertement même en se retrouvant actuellement au Centre interdiocésain.

Si la loi du 04 décembre 2007, portant statut de l’opposition politique en RDC définit en son article deuxième, l’opposition politique comme tout parti ou regroupement des partis politiques qui ne participent pas à l’exécutif et/ou ne soutiennent pas son programme aux niveaux national, provincial, urbain, municipal ou local ; le dictionnaire peut servir pour considérer cet acteur politique qui tout en étant membre de la MP, reste droit dans ses bottes, désapprouvant parfois les initiatives de sa famille politique qu’il juge non pertinentes, selon ses convictions. Henry-Thomas Lokondo, opposant au sein de la majorité, c’est un cas particulier en ce temps où presque tout le monde veut plaire pour se positionner à l’occasion.

Kinshasa Times

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