Armand Yav, Conseiller en charge de la jeunesse au Collège Socioculturel de la Présidence

A l’occasion de la journée internationale de la jeunesse célébrée chaque 12 août, le conseiller  en charge de la jeunesse au collège socioculturel de la présidence de la République démocratique du Congo, Armand Yav a accordé une interview exclusive à KINSHASATIMES.CD où il a évoqué la situation de la jeunesse du continent noir, les défis à relever et ses opportunités qui se présentent devant elle.

Quelle lecture faites-vous de la situation de la jeunesse africaine en général et congolaise en particulier? 

En tant que jeune africain la lecture que je fais aujourd’hui est positive parce que de plus en plus les jeunes africains aspirent à la gestion de la chose publique, ils veulent être créateurs d’emplois. Les jeunes aujourd’hui occupent tous les terrains que ce soit l’économie, la culture, la politique… Si nous nous projetons dans 50 ans l’Afrique sera développée grâce au travail que la jeunesse est entrain d’abattre aujourd’hui. On a toutes les raisons de croire en cette jeunesse africaine, et congolaise en particulier.

Le chômage est l’un des maux qui gangrènent cette jeunesse depuis bien de temps. Quelle devrait être son attitude face à cette réalité? 

Effectivement les jeunes se plaignent du sous-emploi ou carrément du manque d’emploi. Nous sommes à une époque où ils devraient être créateurs plutôt que demandeurs d’emplois. Aujourd’hui à l’ère du numérique, de l’entrepreneuriat, les jeunes doivent être en mesure d’écrire des projets, solliciter des crédits et par la suite créer de la richesse. Avec la mondialisation on doit pousser les jeunes vers cela, mettre en place des incubateurs, des accélérateurs qui leur permettront d’être performants dans la réalisation de leurs projets.

Mais il faut une base pour arriver à cela et les crédits bancaires ne sont pas toujours accessibles…

Le gouvernement a la responsabilité de créer des partenariats avec les banques pour pouvoir mettre à la disposition des jeunes des capitaux nécessaires au démarrage des projets: TPME, PME ou PMI. C’est vrai que le financement reste un problème aujourd’hui. Nous sommes tous porteurs des bons projets mais aucune banque ne nous prend au sérieux parce qu’on a pas de capital-confiance. Il faut que la création d’un fonds social de l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes puisse voir le jour pour que les jeunes puisse être éligibles pour avoir accès au crédit.

Vous êtes conseiller socioculturel à la présidence  en charge de la jeunesse. Quelle a été la politique du Chef de l’Etat ces dernières années sur des questions les concernant?

Le Président de la République est dans une logique de renouvellement de la classe politique, et de la gestion de la chose publique et c’est ainsi que nous assistons depuis près de dix ans maintenant à l’accession de plus en plus des jeunes  à des postes de responsabilité tantôt comme ministres ou mandataires des grandes entreprises. Le souhait du Chef de l’État c’est de mettre des nouvelles énergies dans la gestion de l’État pour pouvoir donner une nouvelle impulsion et changer les choses.

Il est à remarquer aujourd’hui que les jeunes se réunissent de plus en plus au sein des mouvements citoyens. Comment jugez-vous l’apport de ces structures dans la jeunesse congolaise en général?

Nous avons tous remarqué cela. En principe les mouvements citoyens ont pour mission et vocation d’éveiller la conscience citoyenne de la jeunesse et poursuivre un combat noble qui doit être celui de la démocratie, de l’emploi de jeunes… Mais il est à constater de nos jours que la plupart de mouvements citoyens sont liés à des partis politiques x ou y. Cela dénature complètement ce combat de la jeunesse.  Il faudrait que le combat de ces mouvements ait pour finalité les intérêts des jeunes. Aujourd’hui le combat de la jeunesse c’est l’emploi, la paix et la stabilité etc.

Quelle doit être alors leur réaction face aux sollicitations des politiques ?

Ceux qui façonnent le microcosme politique aujourd’hui c’est les jeunes. Les politiques recourent à eux en les mettant au devant de la scène lors de manifestations non pas pour faire passer les préoccupations de la jeunesse de l’avant mais pour leurs intérêts. En tant que leader des jeunes nous nous devons de dénoncer cela, et conscientiser nos semblables pour dire que la jeunesse congolaise ne doit être utilisée comme marchepied pour des fins politiciennes. Le jeune doit aspirer à créer des emplois, à être dirigeant de haut niveau. Nous ne pouvons que l’encourager en ce sens.

L’Union panafricaine de la jeunesse est aujourd’hui présidée par une congolaise, Francine Muyumba, une victoire pour la jeunesse congolaise?

C’est une fierté que cette grande structure regroupant les jeunes de l’Afrique soit présidée par notre compatriote Francine Muyumba qui est au devant de la scène politique africaine, défendant les revendications de la jeunesse africaine partout dans le monde. On ne peut que être fier de cela et l’encourager dans sa démarche.

Quels sont aujourd’hui les défis à relever et les opportunités que peut saisir de la jeunesse congolaise ? 

Le premier défi de la jeunesse c’est celui de la compétence. Chaque fois qu’un jeune postule à un poste de travail ou de responsabilité politique on lui oppose d’abord le facteur compétence. Il se doit d’être exigent avec lui même pour être à la hauteur. La RD Congo offre beaucoup d’opportunités aux jeunes que ça soit en termes de création d’emplois ou d’opportunités d’affaires. Pour cela il nous faut mettre de bonnes structures en place pour l’encadrer cela et faciliter tous les jeunes à profiter des avantages qu’offre ce merveilleux pays qu’est la République démocratique du Congo.

 

 

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