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Noel Tshiani : « Je suis candidat à la candidature commune de l’opposition » [Exclusivité]

25 août 201810min0

Au milieu de cette journée du samedi 25 août, le candidat président de la République Noel K. Tshiani Muadiamvita nous reçoit à la terrasse de son appartement de Kinshasa qui donne directement sur la piscine. Costume, cravate, il est tiré à quatre épingles comme dans ses habitudes. Inséparable de sa paire des lunettes posée sur le nez. En ce week-end précédé par la validation de sa candidature à la présidentielle du 23 décembre 2018 par la CENI, l’homme a la tête au travail et non à la réjouissance. Il est concentré devant sa tablette qu’il ne cesse de manier. « Ah ! Je travaille tous les jours », lance-t-il quand il nous voit nous approcher de lui. Noel Tshiani a compris qu’il est bien obligé de se séparer momentanément de son appareil pour répondre à nos questions.

Au dernier jour de la clôture des dépôts des candidatures, vous avez connu un problème de transfert pour payer la caution électorale. Aujourd’hui, votre candidature est retenue. Quels sont vos sentiments?

Je suis heureux que les choses se soient bien passées  et que ma candidature soit retenue sans problème. Comme vous le savez, je vis aux États-Unis et je suis banquier de formation et professionnel. Je connais la loi et la réglementation bancaire quant au déplacement des fonds. Je ne pouvais pas me permettre de me déplacer des États-Unis avec 100 mille dollars cash pour venir payer la caution en RDC. J’avais fait un transfert bancaire qui est arrivé avec la date de valeur le 8 Août. Et avec ce transfert, le paiement de la caution a été fait conformément à la loi.

Une certaine opinion a interprété vos explications comme un manque des moyens pour payer la caution de 100 mille dollars. Que répondez-vous?

Parfois il faut répondre à certaines personnes mal intentionnées par le silence. Je ne crierais jamais sur les toits de toutes les maisons pour dire aux gens que j’ai des moyens financiers ou pas. L’essentiel est que la caution a été payée. Et maintenant on va se concentrer sur la campagne. Je souhaite que cette campagne soit une campagne d’idées et de vision pour le Congo. Nous devons faire un effort pour élever le débat afin de sortir des platitudes qui ne nous avancent pas en tant que pays.

Après cette publication, l’opposition a perdu ses candidats comme Jean-Pierre Bemba ou Adolphe Muzito. Quel est votre jugement sur ces invalidations ? 

Je n’ai pas de jugement à faire sur les invalidations des candidats car je ne connais pas les éléments du dossier de chacun et pourquoi il a été écarté. Il est cependant souhaitable que ces élections soient inclusives et qu’on n’utilise pas des choses superflues pour éliminer des concurrents politiques. J’ai toujours prôné l’inclusivité de tous les candidats pour que le meilleur d’entre nous gagne et que les élections aboutissent à une situation de paix qui permettra au pays de se concentrer par la suite sur le développement et la résolution des défis auxquels nous sommes confrontés. Nous n’avons plus besoin de guerres et de rebellions dans ce pays.

Comment voyez-vous la suite après cette étape ?

J’ai toujours plaidé pour la candidature commune de l’opposition. Et je pense que nous devons maintenant activer les choses pour designer un candidat commun qui apporterait une amélioration qualitative de leadership par rapport à l’autre camp.

Je fais encore un appel solennel à tous les candidats de l’opposition pour que nous puissions tous nous retrouver le plus rapidement possible et choisir un candidat commun répondant à un certain profil. On doit sortir de la logique du fanatisme pour faire le choix de la personne qui pourra incarner le renouveau et le décollage de notre pays.

A votre avis, quel est le profil idéal du candidat commun pour représenter l’opposition et diriger le pays?

A mon avis, le candidat commun doit avoir un niveau d’éducation universitaire suffisant d’au moins cinq années après le diplôme d’état. Une quinzaine d’années d’expérience professionnelle solide dans une institution privée ou publique nationale ou internationale. Un projet de société digne de considération, une incarnation de la rupture par rapport à la gouvernance actuelle. Etre le symbole du Changement positif que nous voulons et enfin avoir un niveau d’intégrité et de moralité irréprochable. Bien entendu que ces critères pourraient être ajustés avec les contributions des autres prétendants. Sur base de tous les critères retenus, nous pourrons sélectionner la meilleure personne possible parmi nous pour représenter l’opposition dans les prochaines élections. Si nous mettons de côté les egos personnels et nous regardons les intérêts de la population et de la RDC, un choix judicieux est possible sur base de ces critères. D’ores et déjà, je suis candidat à la candidature commune de l’opposition.

Voyez-vous  quelqu’un d’autre que vous à l’opposition qui remplit ces critères? 

Je ne connais pas le profil et le CV de chacun des candidats. C’est à chacun de nous de fournir des éléments d’appréciation au comité de sélection que nous mettrons en place de façon consensuelle avec la participation de tous les candidats. Ce comité sera en mesure de juger chaque candidat conformément aux critères de sélection. Cette démarche a l’avantage d’être impersonnelle et objective.

Êtes-vous optimiste pour que les démarches aboutissent au choix judicieux que vous souhaitez?

Après la publication des listes provisoires des candidats présidents de la République par la CENI, nous savons maintenant qui est dans la course, et qui n’y est pas. En ce moment là, il est utile que tous les candidats de l’opposition retenus  se rencontrent pour débattre de la question, convenir de la méthodologie et faire le choix en fonction des critères retenus. J’insiste que le choix se fasse en fonction des critères objectifs convenus de commun accord par tous les candidats. L’heure du fanatisme aveugle est révolue et n’apportera pas de solution durable aux énormes défis de développement de notre pays.

Le MLC menace déjà de boycotter les élections. Avez-vous un conseil pour le parti de Jean-Pierre Bemba?

Le MLC et tous les partis politiques sont souverains et n’ont pas besoin de mes conseils pour savoir quoi faire. Toutefois, mon souhait le plus ardent est  que tous les congolais embrassent la paix et non la guerre. S’il y a des réclamations à faire, il faut les faire en utilisant les lois et les mécanismes officiels existants même si je sais que  le peuple en général a perdu confiance dans la justice et dans l’Etat.

La politique de la chaise vide ne paie pas. Si nous boycottons tous les élections, nous laissons le champ libre à l’autre camp de tout gagner sans résistance. J’en profite pour faire appel à tous ceux qui font partie de l’opposition de se retrouver autour de la table de fraternité pour désigner un candidat commun pour nous représenter dans les élections en maximisant les chances de succès.  Notre peuple a tant souffert. Nous avons besoin de retourner à la vie normale pour que nous puissions développer le pays au profit de nos concitoyens.

Monsieur le candidat Président, Merci.

Je vous remercie aussi.

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Jeannot Sheji

Jeannot Sheji

Journaliste politique et sportif


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