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En perspective d’une candidature commune, l’opposition prépare sa division

8 septembre 20185min0

A l’approche de la date des élections, l’unité de l’opposition s’éloigne. Les écarts de langage se multiplient. A la bifurcation de participer ou pas au processus électoral dans son état actuel, les leaders de l’opposition congolaise n’empruntent plus la même direction. Entre Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba et Adolphe Muzito qui militent pour « un processus électoral inclusif », entendez par là, la présence de leurs noms sur la liste des candidats devant concourir à la présidentielle du 23 décembre 2018 ; et Félix Tshisekedi qui a déjà la tête tournée vers cette élection présidentielle, tout en demandant à ses paires de « me soutenir, me faire confiance, car quand je remporterai la présidentielle, je dirigerai le pays avec eux ». Les priorités ne sont plus les mêmes.

La probable rencontre des leaders de l’opposition dans les prochains jours en Europe souffrirai d’ores et déjà d’un problème d’ordre du jour. Sur quoi vont-ils discuter ? La stratégie de contourner « le tamis judicaire mis en place par Joseph Kabila » afin d’obtenir l’alignement de Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba et Adolphe Muzito ; ou choisir qui de Félix Tshisekedi, Vital Kamerhe, Martin Fayulu, Freddy Matungulu ou Noël Tshiani portera les couleurs de l’opposition. Tout est possible mais tout peut capoter à l’issue d’une telle rencontre.

L’opposition congolaise n’est pas loin de craquer une fois de plus face à un grand enjeu. La tension est bien en l’air, manifestée par les accrochages verbales dans les médias entre cadres de l’UDPS et du MLC ou encore d’Ensemble pour le changement qui par la voix de son coordonateur provincial Gabriel Kyungu Wa Kumwanza a promis de «ne pas  battre campagne dans le Katanga pour un candidat de l’UDPS », car il ne soutiendra que la candidature de Moïse Katumbi. Encore chimérique. Ils ne s’attaquent plus au camp présidentiel mais s’attaquent mutuellement. Le vieux démon de la division de l’opposition semble avoir repris du service une fois de plus.

Ce qui inquiète dans ce bouillonnement, c’est aussi le silence de Vital Kamerhe qui sans se faire trop d’illusion peut-être, pourra finalement décider de jouer ce rôle secondaire que luis réservent ses partenaires de l’opposition mais en sa manière comme en 2011. Ce n’est pas encore la division, mais c’est une incompréhension qui s’installe progressivement dans le chef de ceux qui apprennent à parler le même langage depuis quelques mois, face à un Joseph Kabila, stylo rouge en mains, pour valider et invalider selon ses humeurs.

Le « Raïs » semble encore bien parti pour voir en spectacle une opposition congolaise divisée  pas pour qu’il gagne les élections ou contourne l’application d’un accord, mais créer au milieu d’elle, un grand boulevard à son Dauphin Ramazani Shadary, qui pourra filer en vitesse vers le palais présidentielle.

Comme l’a affirmé un des ses proches, le président du Sénat Léon Kengo Wa Dondo, les procès de Moïse Katumbi sont politiques. Comme insiste Jean-Pierre Bemba, Joseph Kabila manipule les institutions pour se choisir des candidats présidents. L’actuel président de la République, par le biais de la CENI, ensuite de la justice, a donné de l’occupation à ses « adversaires » qui pour le moment sont tombés dedans.

Alors que l’opposition ouvre en son sein l’ère de guéguerres en chaines, le candidat de Joseph Kabila, Ramazani Shadary et son Front commun pour le Congo affutent leurs armes en silence, en attente du bon moment pour développer leur jeu et s’emparer de la présidence le 23 décembre 2018. Une victoire bien entendu qui va comme toujours, réunir l’opposition en voie de division pour la contester.

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Jeannot Sheji

Jeannot Sheji

Journaliste politique et sportif


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